à savoir que l’être humain est régi par deux ordres et deux interdictions. D’un côté, l’ordre et l’interdiction que dicte la pudeur : s’il leur obéit, il se retient de tout ce qu’il convoite. De l’autre, l’ordre et l’interdiction que dictent la passion, le désir et la nature ; or, quiconque n’obéit pas à l’ordre de la pudeur obéira nécessairement à l’ordre du désir. Formuler la parole sous la forme d’une injonction fait donc ressortir cette idée, au lieu de dire simplement : « Celui qui n’a pas de pudeur fait ce qu’il veut. »
Avertissement. – Contemple le bienfait qu’Allah accorde à l’homme en lui offrant deux moyens d’expression : l’expression orale et l’expression écrite. Le Très-Haut les a comptés parmi Ses bienfaits – et Il s’en prévaut – lorsqu’Il dit, au début de la première sourate révélée à Son Messager ﷺ : « Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé (1), qui a créé l’homme d’une adhérence (2). Lis ! Ton Seigneur est le Très-Généreux (3), qui a enseigné par le calame (4), a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas (5). » [sourate Al-ʿAlaq : 1-5]
Considère comment, en ces quelques mots, Il a réuni tous les degrés de la création et évoqué les quatre niveaux des existants avec la plus grande concision, clarté et beauté :
• Il mentionne d’abord la création dans son universalité : le fait d’accorder l’existence concrète.
• Ensuite, Il évoque spécialement la création de l’homme, car le lieu de l’exhortation(1) y est immense et l’on y observe un pur foisonnement de bienfaits(2).
Il précise ici la matière dont l’homme est créé : l’ʿalaqa (le caillot adhérent). Dans d’autres passages, Il rappelle ce qui la précède : soit la matière première – la terre, l’argile, ou la boue sonnante semblable à un tesson –, soit la matière dérivée, l’eau méprisable. Ici, Il signale donc le tout premier commencement de l’œuvre de modelage.