Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Parmi les deux avis émis à ce sujet, le plus solide est, selon Abû ʿUbayd (1) et la majorité des savants, qu’il s’agit d’une menace (2) ; ainsi qu’en témoigne la parole du Très-Haut : « Faites donc ce que vous voulez » (Fussilat, 40) ou encore : « Mangez et jouissez pour peu de temps » (Al-Mursalât, 46).

Un autre groupe a affirmé qu’il s’agissait d’une permission et d’un laisser-faire (3) ; c’est-à-dire : lorsque tu envisages une action, examine-la d’abord ; si c’est quelque chose dont on aurait honte devant Allah et devant les hommes, ne la fais pas ; si au contraire on n’en rougirait pas, accomplis-la, car elle n’a rien de blâmable.

Pour ma part, je considère que cette parole, bien qu’elle prenne la forme d’un impératif, relève en réalité de l’énoncé informatif (4) ; elle équivaut à ce dicton : « Qui n’a pas de pudeur fait ce qu’il veut. » Ce n’est donc ni une autorisation, ni une simple menace ; c’est une information : ce qui retient l’homme de la faute, c’est la pudeur, et celui qui en est dénué agit à sa guise.

L’auteur a exprimé cette idée (5) sous la forme d’un ordre pour une subtilité particulièrement fine (6) ; à savoir que

(1) Dans son ouvrage Gharib al-Hadith (2/331-332), repris par al-Khattabi, il explique que l’expression est un ordre ayant valeur d’énoncé informatif ; c’est la troisième opinion adoptée par l’auteur. (2) Thalab a soutenu la même interprétation, comme le rapporte al-Khattabi dans Gharib al-Hadith (1/156). Voir également : Sharh Mushkil al-Athar (4/198) et al-Fath (6/523 ; 10/523). (3) L’auteur l’attribue, dans ad-Daʾ wa-d-Dawāʾ (169), à l’imam Ahmad. Al-Halimi le mentionne dans al-Minhaaj (3/232) à côté de la troisième opinion et précise : « les deux sont valables et fondés ». (4) C’est aussi l’avis d’Abu ʿUbayd (cf. supra), d’Ibn Qutayba dans Gharib al-Hadith (1/365) et de Muhammad ibn Nasr, cité dans Jāmiʿ al-ʿUlūm wa-l-Hikam (376). L’auteur le rapporte dans ad-Daʾ wa-d-Dawāʾ pour expliciter le sens de la menace, tout en en faisant ici une distinction plus pertinente. (5) (H, N) : « et l’expression de cette idée ». (6) Voir : Badāʾiʿ al-Fawāʾid (182).
وأصحُّ القولين فيه قولُ أبي عبيدٍ (١) والأكثرين أنه تهديد (٢)؛ كقوله تعالى: ﴿اعْمَلُوا مَا شِئْتُمْ﴾ [فصلت: ٤٠]، وقوله: ﴿كُلُوا وَتَمَتَّعُوا قَلِيلًا﴾ [المرسلات: ٤٦]. وقالت طائفة: هو إذنٌ وإباحة (٣)، والمعنى: أنك إذا أردتَ أن تفعل فعلًا فانظر قبل فعله، فإن كان مما يُستحيى فيه من الله ومن النَّاس فلا تفعلْه وإن كان مما لا يُستحيى منه فافعلْه فإنه ليس بقبيح. وعندي أنَّ هذا الكلام صورتُه صورةُ الطَّلب، ومعناه معنى الخبر (٤)، وهو في قوَّة قولهم: «من لا يستحي صَنَعَ ما يشتهي»؛ فليس بإذنٍ ولا هو مجرَّد تهديد، وإنما هو في معنى الخبر، والمعنى: أنَّ الرَّادع عن القبيح إنما هو الحياء، فمن لم يَسْتح فإنه يصنعُ ما شاء. وأخرجَ هذا المعنى (٥) في صيغة الطَّلب لنكتةٍ بديعةٍ جدًّا (٦)؛ وهي أنَّ
(١) الذي في كتابه «غريب الحديث» (٢/ ٣٣١، ٣٣٢)، ونقله عنه الخطابي: أن هذا أمرٌ بمعنى الخبر. وهو القول الثالث الذي اختاره المصنف. (٢) وبه قال ثعلب، كما في «غريب الحديث» للخطابي (١/ ١٥٦). وانظر: «شرح مشكل الآثار» (٤/ ١٩٨)، و «الفتح» (٦/ ٥٢٣، ١٠/ ٥٢٣). (٣) حكاه المصنف في «الداء والدواء» (١٦٩) عن الإمام أحمد. وذكره الحليمي في «المنهاج» (٣/ ٢٣٢) مع القول الثالث، وقال: «وكلاهما حسنٌ وحق». (٤) وهذا قول أبي عبيد كما تقدم، وابن قتيبة في «غريب الحديث» (١/ ٣٦٥)، ومحمد بن نصر كما في «جامع العلوم والحكم» (٣٧٦). وقد ساقه المصنف في «الداء والدواء» بيانًا لمعنى التهديد، وفرَّق بينهما هنا، وهو أجود. (٥) (ح، ن): «وإخراج هذا المعنى». (٦) انظر: «بدائع الفوائد» (١٨٢).

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