Parmi les deux avis émis à ce sujet, le plus solide est, selon Abû ʿUbayd (1) et la majorité des savants, qu’il s’agit d’une menace (2) ; ainsi qu’en témoigne la parole du Très-Haut : « Faites donc ce que vous voulez » (Fussilat, 40) ou encore : « Mangez et jouissez pour peu de temps » (Al-Mursalât, 46).
Un autre groupe a affirmé qu’il s’agissait d’une permission et d’un laisser-faire (3) ; c’est-à-dire : lorsque tu envisages une action, examine-la d’abord ; si c’est quelque chose dont on aurait honte devant Allah et devant les hommes, ne la fais pas ; si au contraire on n’en rougirait pas, accomplis-la, car elle n’a rien de blâmable.
Pour ma part, je considère que cette parole, bien qu’elle prenne la forme d’un impératif, relève en réalité de l’énoncé informatif (4) ; elle équivaut à ce dicton : « Qui n’a pas de pudeur fait ce qu’il veut. » Ce n’est donc ni une autorisation, ni une simple menace ; c’est une information : ce qui retient l’homme de la faute, c’est la pudeur, et celui qui en est dénué agit à sa guise.
L’auteur a exprimé cette idée (5) sous la forme d’un ordre pour une subtilité particulièrement fine (6) ; à savoir que