Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est pourquoi certains sages ont dit : les plaisirs de ce monde ne sont, en réalité, que la suppression d’une souffrance, rien de plus (1) ; les véritables délices, quant à eux, appartiennent à une autre demeure, en un lieu différent de celui-ci (2).

Ainsi, l’existence même, ici-bas, de ces douleurs et de ces jouissances intimement mêlées constitue une preuve du retour ultime ; la sagesse qui en a décrété l’entrelacement appelle, à plus forte raison, l’instauration de deux demeures distinctes : une demeure exclusivement réservée aux délices (3), sans la moindre trace de peine, et une demeure exclusivement vouée à la peine, sans la moindre once de plaisir. La première demeure est le Paradis ; la seconde est le Feu.

Ne vois-tu donc pas comment les plaisirs et les douleurs dont ta nature est pétrie dans cette existence même t’indiquent le Paradis et le Feu, et comment, en toi-même, tu discernes leurs signes et les preuves de leur réalité ? (4)

(1) (H, N) lisent : « Sa jouissance n’est rien d’autre que la suppression de la douleur ». (2) Voir : Rasaʾil Ikhwan as-Safa, 3/52 ; Muhammad b. Zakariya ar-Razi, Rasaʾil falsafiyya, p. 36-39, 139-155 ; Ibn al-Haytham, Maqala fî thamarat al-hikma, p. 20 ; al-Hawamil wa-sh-Shawamil, p. 296 ; Miskawayh, Tahdhib al-akhlaq, p. 60 ; Fakhr ad-Din ar-Razi, Mafatih al-ghayb, 12/166, 17/95, 18/175, 19/62 ; al-Iji, al-Mawaqif, 2/164 ; as-Subki, Tabaqat ash-Shafiʿiyya, 10/295 ; ʿUyûn al-anbâʾ, p. 597. Les philosophes invoquent généralement cette idée dans leur classification des plaisirs, mais ils en ont tiré des conclusions erronées ; en vérité, le plaisir est une réalité positive qui implique la disparition de la douleur du fait de leur opposition. Voir également : an-Nubuwwât, p. 381 ; Jamiʿ al-masāʾil, 6/118, 185 ; Qāʿida fî al-maḥabba, p. 64 ; al-Asfahāniyya, p. 281 ; as-Ṣafadiyya, 2/235, 261 ; Majmūʿ al-fatāwā, 7/536, 10/205, 325 ; ar-Radd ʿalā al-manṭiqiyyīn, p. 424 ; as-Ṣawāʿiq al-mursala, p. 1457 ; Ijtimāʿ al-juyūsh al-islāmiyya, p. 305 ; Rawḍat al-muḥibbīn, p. 207, ainsi que supra, p. 376, 381. (3) (T, Q, D) lisent : « khāliṣat al-ladhdhāt » (« l’essence des plaisirs »). (4) (Q, H, T, N) lisent : « dhālika » ; leçon fautive.
ومن هنا قال بعض العقلاء: إنَّ لذَّاتها إنما هي دفعُ آلامٍ لا غير (١)، فأمَّا اللذاتُ الحقيقيَّة فلها دارٌ أخرى، ومحلٌّ آخرُ غيرُ هذه (٢). فوجودُ هذه الآلام واللذَّات الممتزجة المختلطة من الأدلَّة على المعاد، وأنَّ الحكمة التي اقتضت ذلك هي أولى باقتضاء دارَيْن: دارٍ خالصةٍ للَّذَّاتِ (٣) لا يشُوبها ألمٌ ما، ودارٍ خالصةٍ للألم لا يشُوبها لذَّةٌ ما؛ والدَّار الأولى هي الجنَّة، والدَّارُ الثانيةُ النَّار. أفلا ترى كيف دلَّك (٤) ما أنت مجبولٌ عليه في هذه النَّشأة من اللذَّة والألم على الجنَّة والنَّار، ورأيتَ شواهدهما وأدلَّة وجودهما مِنْ نفسك
(١) (ح، ن): «إن لذاذتها إنما هي دفع الألم لا غير». (٢) انظر: «رسائل إخوان الصفا» (٣/ ٥٢)، و «رسائل فلسفية» لمحمد بن زكريا الرازي (٣٦ ــ ٣٩، ١٣٩ ــ ١٥٥)، و «مقالة عن ثمرة الحكمة» لابن الهيثم (٢٠)، و «الهوامل والشوامل» (٢٩٦)، و «تهذيب الأخلاق» لمسكويه (٦٠)، و «مفاتيح الغيب» (١٢/ ١٦٦، ١٧/ ٩٥، ١٨/ ١٧٥، ١٩/ ٦٢)، و «المواقف» للإيجي (٢/ ١٦٤)، و «طبقات الشافعية» للسبكي (١٠/ ٢٩٥)، و «عيون الأنباء» (٥٩٧). وأصل هذا المعنى يذكره المتفلسفة في تقسيمهم للَّذَّات، وبنوا عليه أمورًا فاسدة، والتحقيق أن اللذة أمرٌ وجوديٌّ يستلزم دفع الألم بما بينهما من التضاد. انظر: «النبوات» (٣٨١)، و «جامع المسائل» (٦/ ١١٨، ١٨٥)، و «قاعدة في المحبة» (٦٤)، و «الأصفهانية» (٢٨١)، و «الصفدية» (٢/ ٢٣٥، ٢٦١)، و «مجموع الفتاوى» (٧/ ٥٣٦، ١٠/ ٢٠٥، ٣٢٥)، و «الرد على المنطقيين» (٤٢٤)، و «الصواعق المرسلة» (١٤٥٧)، و «اجتماع الجيوش الإسلامية» (٣٠٥)، و «روضة المحبين» (٢٠٧)، وما مضى (ص: ٣٧٦، ٣٨١). (٣) (ت، ق، د): «خالصة اللذات». (٤) (ق، ح، ت، ن): «ذلك». وهو تحريف.

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