pas plus l’animal ; s’il en était dépouillé, il cesserait d’être un être humain pour devenir un ange ou quelque autre créature.
Les souffrances des enfants ne sont donc pas plus rudes que celles des adultes ; seulement, devenues pour ces derniers habituelles, elles leur pèsent moins. Que d’écart, pourtant, entre ce qu’endure l’enfant et ce que supporte l’adulte raisonnable !
Tout cela relève de l’essence même de l’humanité et de la nécessité de la création ; s’il n’avait pas été façonné ainsi, il aurait été un autre être. Crois-tu donc que, lorsqu’un enfant a faim, soif, froid ou se fatigue, il subisse quelque chose dont l’adulte serait dispensé ?
Le fait de le faire souffrir par d’autres maux et maladies est comparable à la souffrance que lui causent la faim, la soif, le froid ou la chaleur — qu’elle soit moindre (1) ou plus forte —, et l’homme, comme tout animal, n’a été créé que sur cette complexion.
Ils diront peut-être : « Pourquoi, alors, a-t-il été créé ainsi ? N’aurait-il pas été possible de le façonner d’une nature insensible à la douleur ? »
Cette question est viciée ; car Allah — exalté soit-Il — l’a créé dans un monde d’épreuve et d’examen, à partir d’une matière fragile, exposée aux atteintes. Il l’a constitué de façon à être sujet à toutes sortes de souffrances (2) et a placé en lui les quatre humeurs sans lesquelles il ne saurait se maintenir (3) ni exister autrement. Inévitablement, ces humeurs se mêlent, s’entremêlent et réagissent, certaines prenant le dessus sur d’autres — tantôt par leur qualité, tantôt par leur quantité, et parfois par les deux à la fois ; cela engendre inévitablement la douleur (4). Vouloir la cause sans son effet est impossible.