Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ils ont répondu : « Nous ne prétendons pas, comme certains l’ont affirmé, qu’ils soient dans le Feu ; le Seigneur du Feu n’y fait entrer personne sans péché (1), or ceux-ci n’ont commis aucun péché.

Il en va de même pour la question des enfants (2) ; les polémiques engagées de part et d’autre à ce sujet ne sont pas à exposer ici (3).

On leur a donc opposé un argument auquel ils n’ont pas de réponse : la souffrance infligée aux enfants des mécréants dont il est décrété qu’ils atteindront l’âge de raison puis mourront dans l’incrédulité. Cette souffrance n’appelle assurément aucun dédommagement et ne saurait être tenue pour une punition de la mécréance, car la sanction ne précède jamais la faute ni ne saurait être anticipée.

Ils se trouvèrent dès lors désemparés, leurs fondements théoriques vacillèrent, et ils ne produisirent rien qui puisse satisfaire la raison.

— Une troisième faction a déclaré : « Si l’auteur de cette question la méditait, il constaterait qu’elle est dénuée de portée et que chercher absolument à y répondre revient à imposer ce qui n’est pas requis. En effet, ces douleurs, leurs suites et leurs causes (4) font partie intégrante de la condition humaine, dont l’homme n’a pas été créé pour être dissocié. Elles sont semblables à la chaleur et au froid, à la faim et à la soif, à la fatigue et à l’épuisement, à l’inquiétude et à l’anxiété, à la faiblesse et à l’impuissance. Interroger la sagesse qui les sous-tend revient à s’interroger sur la raison d’être du besoin de manger quand on a faim, de boire quand on a soif, ou de dormir et se reposer quand on est las ; ces souffrances relèvent de la condition humaine dont l’homme ne peut se départir et ne…"}

(1) Les manuscrits H et N portent : « Nul n’y entre si ce n’est pour un péché. » (2) Il est ici question des enfants des polythéistes et de leur sort dans l’au-delà. (3) L’auteur développe plus largement cette question dans : « Tariq al-hijratayn » (p. 842-877), « Ahkam ahl al-dhimma » (p. 1071-1158) et « Tahdhib al-sunan » (t. 12, p. 316-323). (4) L’expression « et ses causes » est absente du manuscrit Q.
فأجابوا بأنا لا نقول: إنهم في النَّار كما قاله من قاله من النَّاس، والنَّارُ لا يُدخِلُها ربُّها أحدًا إلا بذنب (١)، وهؤلاء لا ذنبَ لهم. وكذا الكلامُ معهم في مسألة الأطفال (٢)، والحِجَاجُ فيها من الجانبين بما ليس هذا موضعه (٣). فأُورِد عليهم ما لا جواب لهم عنه، وهو إيلامُ أطفالهم الذين قُدِّر بلوغُهم وموتُهم على الكفر، فإنَّ هذا لا تعويض فيه قطعًا ولا هو عقوبةٌ على الكفر، فإنَّ العقوبة لا تكونُ سلفًا وتعجيلًا. فحاروا في هذا الموضع، واضطربت أصولهم، ولم يأتوا بما يقبلُه العقل. * وقالت طائفةٌ ثالثة: هذا السُّؤال لو تأمَّله مُورِدُه لعَلِمَ أنه ساقط، وأنَّ تكلُّف الجواب عنه إلزامُ ما لا يَلْزَم، فإنَّ هذه الآلام وتوابعَها وأسبابها (٤) من لوازم النَّشأة الإنسانيَّة التي لم يخلق منفكًّا عنها، فهي كالحرِّ والبرد، والجوع والعطش، والتَّعب والنَّصَب، والهمِّ والغمِّ، والضعف والعجز، فالسُّؤال عن حكمتها كالسُّؤال عن حكمة الحاجة إلى الأكل عند الجوع، والحاجة إلى الشراب عند الظَّمأ، وإلى النَّوم والرَّاحةِ عند التَّعب؛ فإنَّ هذه الآلام هي من لوازم النَّشأة الإنسانيَّة التي لا ينفكُّ عنها الإنسانُ ولا
(١) (ح، ن): «لا يدخلها أحد إلا بذنب». (٢) أطفال المشركين، ومآلهم في الآخرة. (٣) بسط المصنفُ الكلام في هذه المسألة في: «طريق الهجرتين» (٨٤٢ - ٨٧٧)، و «أحكام أهل الذمة» (١٠٧١ - ١١٥٨)، و «تهذيب السنن» (١٢/ ٣١٦ - ٣٢٣). (٤) «وأسبابها» ليست في (ق).

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