Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

En outre, les pleurs et les cris (1) élargissent chez l’enfant les voies respiratoires, ouvrent les vaisseaux sanguins, les raffermissent et fortifient les nerfs (2).
Combien l’enfant retire-t-il de profit et de bénéfice de ces sanglots et de ces hurlements que tu entends !

Si telle est la sagesse qui sous-tend les pleurs provoqués par la douleur et la nuisance — sagesse que tu ignores et qui ne te viendrait presque jamais à l’esprit — sache qu’il en va de même pour la souffrance infligée aux enfants : les causes qui l’engendrent et les heureuses conséquences qu’elle entraîne recèlent des sagesses cachées à la plupart des gens. Leur discours à ce sujet est aussi confus que des cordes de puits emmêlées (3), et ils ont emprunté, dans ce domaine, plusieurs voies :

  • Un groupe a déclaré : « Il ne s’agit que de la pure volonté, dépourvue de toute sagesse ou de tout but recherché. » Ils se sont ainsi fermé totalement cette porte, et chaque fois qu’on les interrogeait sur quelque chose, ils répondaient : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait » (Coran 21, 23).

Or cette parole (4) est des plus véridiques ; toutefois, elle n’a jamais eu pour objet de nier la sagesse du Très-Haut, la bienfaisance des conséquences de Ses actes ni les finalités qu’Il vise par eux. Le verset a plutôt pour but de Le déclarer, Lui seul, divinité et Seigneur : Sa sagesse étant parfaite, nul ne peut revenir sur Son jugement ni Le contester par des questions, car Il n’accomplit rien en vain et n’a créé aucune chose pour s’amuser ; seul sera interrogé au sujet de son acte celui qui s’est écarté

(1) ʿayyata : élever la voix en poussant des cris prolongés ; d’où al-ʿiyât (le hurlement). Cf. Asâs al-balâgha, art. ʿayata. Le mot signifie aussi « pleurer » dans l’usage populaire ; voir Maʿjam Taymûr, t. 4, p. 457. (2) Voir Tuḥfat al-mawdûd, p. 188. (3) C’est-à-dire : dans le puits. Al-arshiya est le pluriel de rishâʾ, la corde du seau. Cette comparaison, très répandue, est attribuée à ʿAlî et a été exploitée par de nombreux poètes et prosateurs. Voir Sharḥ Nahj al-balâgha, t. 1, p. 213, et Sharḥ Dîwân al-ḥamâsa d’al-Marzûqî, p. 656. (4) Allusion au verset : « Il n’est pas interrogé sur ce qu’Il fait ».‎
وأيضا؛ فإنَّ البكاء والعِياط (١) يوسِّعُ عليه مجاري النَّفَس، ويفتحُ العُروق ويصلِّبها، ويقوِّي الأعصاب (٢). وكم للطِّفل من منفعةٍ ومصلحةٍ فيما تسمعُه من بكائه وصُراخه! فإذا كانت هذه الحكمةُ في البكاء الذي سببُه ورودُ الألم والمؤذي وأنت لا تعرفُها ولا تكادُ تخطُر ببالك، فهكذا إيلامُ الأطفال فيه وفي أسبابه وعواقبه الحميدة من الحِكَم ما قد خَفِي على أكثر النَّاس، واضطربَ عليهم الكلامُ في حكمته اضطرابَ الأَرْشِيَة (٣)، وسلكوا في هذا الباب مسالك: * فقالت طائفة: ليس إلا محض المشيئة العارية عن الحكمة والغاية المطلوبة. وسدُّوا على أنفسهم هذا البابَ جملة، وكلَّما سئلوا عن شيءٍ أجابوا بـ ﴿لَا يُسْأَلُ عَمَّا يَفْعَلُ﴾. وهذا (٤) مِنْ أصدق الكلام، وليس المرادُ به نفيَ حكمته تعالى وعواقبِ أفعاله الحميدة وغاياتها المطلوبة منها، وإنما المرادُ بالآية إفرادُه بالإلهيَّة والرُّبوبيَّة، وأنه لكمال حكمته لا معقِّب لحكمه، ولا يُعْتَرض عليه بالسُّؤال؛ لأنه لا يفعلُ شيئًا سُدى، ولا خَلَق شيئًا عبثًا، وإنما يُسألُ عن فعله مَنْ خرجَ
(١) عيَّط: إذا مدَّ صوته بالصُّراخ. وهو العِياط. «أساس البلاغة» (عيط). ويأتي بمعنى البكاء في كلام بعض العامة. انظر: «معجم تيمور» (٤/ ٤٥٧). (٢) انظر: «تحفة المودود» (١٨٨). (٣) أي: في البئر. والأرشية جمعُ رِشاء، وهو حبل الدَّلو. وهذا تشبيهٌ مشهور، ورد في كلامٍ ينسبُ لعلي ﵁، واستعمله الشعراء والكتَّاب. انظر: «شرح نهج البلاغة» (١/ ٢١٣)، و «شرح ديوان الحماسة» للمرزوقي (٦٥٦). (٤) أي: قوله تعالى: ﴿لَا يُسْأَلُ عَمَّا يَفْعَلُ﴾.

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