Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ne vois-tu donc pas comment l’œuvre divine a supprimé toute source d’erreur (1) et de nuisance, pour n’apporter que ce qui est juste, utile et profitable ?

Or, lorsque les pourfendeurs de la sagesse (2), ces détracteurs de la création, se sont efforcés de chercher matière à critique, ils se sont attaqués aux poils situés sous les aisselles, aux poils pubiens, à ceux qui tapissent l’intérieur du nez ainsi qu’aux poils des genoux, disant : « Quelle sagesse y a-t-il donc là ? Quel avantage ? »

Cela procède de l’excès de leur ignorance et de la légèreté de leur entendement ; en vérité, il n’est pas nécessaire que la totalité, ni même la plus grande part, de la sagesse soit connue des hommes. Il n’existe aucune proportion entre ce qu’ils en savent et ce qu’ils en ignorent. Si l’on comparait les connaissances de l’ensemble des créatures aux multiples manifestations de la sagesse d’Allah, tant dans Son acte créateur que dans Ses ordres, qui demeurent cachées à leurs yeux, ces connaissances ne seraient qu’une goutte laissée par le bec d’un moineau à la surface de l’océan.

Il suffit à l’homme sagace et avisé de se fonder sur ce qu’il a compris pour déduire ce qu’il ignore, et de savoir [que] (3) la sagesse présente dans ce qui lui échappe est semblable (4) à celle qu’il a comprise, voire plus grande, plus profonde et plus subtile (5).

Ces sots obtus ne sont comparables qu’à un homme dépourvu de la moindre notion des arcanes des arts et des sciences — qu’il s’agisse de construction, d’ingénierie, de médecine, ou même de tissage, de couture et de menuiserie. Qu’il tente, avec sa raison défaillante, de contester les maîtres de ces disciplines au sujet de tel ou tel instrument, procédé ou agencement de leurs œuvres, et, dès qu’un détail lui échappe (6), il en vient à tenir, chaque fois qu’un aspect lui reste obscur,

(1) Le manuscrit (D) lit : « tataharrazu wujuhu al-khata’ » (« l’on se prémunit contre les diverses formes d’erreur »). (2) Il s’agit des Mananiyya (manichéens) et assimilés, selon les témoins (R) et (D). (3) Ajout requis par le contexte. (4) Les manuscrits (H) et (N) portent « minha », lecture fautive. (5) Passage absent des manuscrits (H) et (N). (6) Conforme aux sources originales.
أفلا ترى الصَّنعةَ الإلهيَّة كيف سَلَبت وجوهَ الخطأ (١) والمضرَّة، وجاءت بكلِّ صوابٍ وكلِّ منفعةٍ وكلِّ مصلحة؟! ولمَّا اجتهدَ الطَّاعنون في الحكمة (٢)، العائبون للخِلقة، فيما يطعنون به، عابوا الشَّعرَ تحتَ الآباط، وشعرَ العانة، وشعرَ باطن الأنف، وشعرَ الرُّكبتين، وقالوا: أيُّ حكمةٍ فيها؟! وأيُّ فائدة؟! وهذا مِنْ فَرط جهلهم وسخافة عقولِهم؛ فإنَّ الحكمة لا يجبُ أن تكون بأسرها معلومةً للبشر، ولا أكثرِها، بل لا نسبة لما عَلِمُوه إلى ما جهلوه منها، فلو قِيسَت علومُ الخلائق كلِّهم بوجوه حكمة الله تعالى في خلقه وأمره إلى ما خفي عنهم منها كانت كنقرة عصفورٍ في البحر. وحسبُ الفَطِن اللبيب أن يستدلَّ بما عَرَف منها على ما لم يعرف، ويعلم [أنَّ] (٣) الحكمة فيما جهله مثلُها (٤) فيما عَلِمَه، بل أعظمُ وأدقُّ وألطف (٥). وما مثلُ هؤلاء الحمقى النَّوكى إلا كمثل رجلٍ لا علمَ له بدقائق الصَّنائع والعلوم، من البناء والهندسة والطبِّ، بل والحياكة والخياطة والنجارة؛ إذا رام الاعتراض بعقله الفاسد على أربابها في شيءٍ من آلاتهم وصنائعهم وترتيب صناعاتهم، فخَفِيَت عليه (٦)، فجعل كلَّما خَفِيَ عليه منها
(١) (ض): «تتحرز وجوه الخطأ». (٢) وهم المنانية (المانوية) وأشباههم، كما في (ر، ض). (٣) زيادة يقتضيها السياق. (٤) (ح، ن): «منها». وهو تحريف. (٥) ليست في (ح، ن). (٦) كذا في الأصول.

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