Ne vois-tu donc pas comment l’œuvre divine a supprimé toute source d’erreur (1) et de nuisance, pour n’apporter que ce qui est juste, utile et profitable ?
Or, lorsque les pourfendeurs de la sagesse (2), ces détracteurs de la création, se sont efforcés de chercher matière à critique, ils se sont attaqués aux poils situés sous les aisselles, aux poils pubiens, à ceux qui tapissent l’intérieur du nez ainsi qu’aux poils des genoux, disant : « Quelle sagesse y a-t-il donc là ? Quel avantage ? »
Cela procède de l’excès de leur ignorance et de la légèreté de leur entendement ; en vérité, il n’est pas nécessaire que la totalité, ni même la plus grande part, de la sagesse soit connue des hommes. Il n’existe aucune proportion entre ce qu’ils en savent et ce qu’ils en ignorent. Si l’on comparait les connaissances de l’ensemble des créatures aux multiples manifestations de la sagesse d’Allah, tant dans Son acte créateur que dans Ses ordres, qui demeurent cachées à leurs yeux, ces connaissances ne seraient qu’une goutte laissée par le bec d’un moineau à la surface de l’océan.
Il suffit à l’homme sagace et avisé de se fonder sur ce qu’il a compris pour déduire ce qu’il ignore, et de savoir [que] (3) la sagesse présente dans ce qui lui échappe est semblable (4) à celle qu’il a comprise, voire plus grande, plus profonde et plus subtile (5).
Ces sots obtus ne sont comparables qu’à un homme dépourvu de la moindre notion des arcanes des arts et des sciences — qu’il s’agisse de construction, d’ingénierie, de médecine, ou même de tissage, de couture et de menuiserie. Qu’il tente, avec sa raison défaillante, de contester les maîtres de ces disciplines au sujet de tel ou tel instrument, procédé ou agencement de leurs œuvres, et, dès qu’un détail lui échappe (6), il en vient à tenir, chaque fois qu’un aspect lui reste obscur,