Parmi eux se trouve son messager, parmi eux son courrier, parmi eux son interprète, parmi eux encore ses auxiliaires et ses serviteurs (1). Chacun est cantonné à la fonction qui lui est assignée, sans la dépasser, ni intervenir (2) hors de son domaine. Lorsque le roi souhaite se reposer, il leur fait signe de demeurer calmes et silencieux afin qu’il prenne son aise ; puis, dès qu’il s’éveille de son sommeil, ses troupes se lèvent devant lui, reprises par leurs tâches, et se rendent sans relâche là où il les dirige.
Si tu le voyais au siège de sa royauté, les affaires et les décrets émanant de lui et revenant vers lui, les armées à son service, et les courriers (3) faisant la navette entre lui, ses soldats et ses sujets, tu assisterais à un spectacle prodigieux !
Combien de merveilles, de connaissances et d’enseignements le négligent insouciant a laissés échapper, alors qu’il n’a pas à entreprendre de longs voyages ni à traverser les déserts pour les découvrir !
Allah — exalté soit-Il — a dit : « Et sur la terre il y a des signes pour ceux qui sont convaincus (20), et en vous-mêmes [également] : ne voyez-vous donc pas ? » (Les Fumées, 20-21). Il a ainsi convié Ses serviteurs à méditer sur eux-mêmes et à y reconnaître la preuve de Celui qui les a créés et façonnés. Sans cette invite, nous n’aurions pas élargi la discussion sur ce sujet ni prolongé l’exposé jusqu’ici (4) ; mais la leçon qu’on en tire est avérée, l’utilité en est immense, et la réflexion qu’elle suscite ne fait qu’accroître la foi du croyant.
Que de gardes se tiennent devant le cœur ! Que de serviteurs il possède ! Que d’esclaves sont à son service sans qu’il s’en aperçoive ! Par Allah, combien de choses ont été créées pour lui, préparées pour lui, voulues de lui, et réservées pour lui, soit comme honneur et félicité, soit comme humiliation et châtiment !
Il sera donc, soit installé sur le trône de la royauté, en un siège de vérité auprès d’un Souverain