Or, si tu pouvais contempler le cerveau, si l’on t’en dévoilait la complexion et la manière dont il a été façonné, tu serais frappé d’un prodige inouï ; il te serait révélé une structure devant laquelle la raison elle-même reste interdite, enveloppée (1) de voiles et de membranes superposés afin de le préserver des atteintes et de le protéger des désordres.
Puis la boîte crânienne s’est refermée sur lui telle un casque, tel un œuf de fer (2), pour le mettre à l’abri de la violence des chocs, des chutes et des coups qui pourraient l’atteindre ; c’est cette coque qui reçoit le heurt à sa place, tout comme le casque posé sur la tête du guerrier.
Cette boîte crânienne a ensuite été recouverte d’une peau – le cuir chevelu – qui dissimule l’os et l’empêche de s’exposer aux agressions.
Puis ce cuir chevelu a été paré d’un manteau de cheveux abondants : ils le protègent, le couvrent contre la chaleur, le froid et les nuisances, tout en apportant beauté et parure.
Demande donc au négateur : qui a fortifié ainsi le cerveau (3), qui l’a proportionné de cette manière, qui en a fait un réservoir où Il a déposé tant d’avantages, de forces et de merveilles ? Qui a scellé ce réservoir avec une telle perfection, l’a défendu par la plus complète des fortifications, l’a préservé par la plus haute sauvegarde et l’a établi comme le siège des sens et des perceptions ?
Et qui a placé les paupières sur les yeux comme une fine membrane, et les cils tels des barrières (4),