Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ainsi, le larynx constitue le passage de l’air frais qui, grâce à cette respiration continue et régulière, vient soulager le cœur (1).

La langue, elle, assure la fonction du goût : c’est par elle que l’on goûte les saveurs, que l’on en perçoit la délectation, que l’on les distingue les unes des autres et que l’on connaît la nature précise de chacune d’elles. Elle apporte en outre une aide (2) à la déglutition, mâchant et retournant la nourriture jusqu’à ce que son passage dans la gorge devienne aisé.

Quant aux dents, leurs bienfaits sont connus : elles découpent les aliments, comme on l’a déjà mentionné ; elles soutiennent aussi les lèvres et les empêchent de s’affaisser et de déformer le visage. Regarde donc comment les lèvres de celui qui a perdu ses dents se relâchent !

Les lèvres, pour leur part, recèlent de multiples avantages : c’est par elles que l’on sirote la boisson, de sorte que le liquide pénètre dans la gorge à la juste mesure ; ainsi le buveur n’avale pas de travers et n’irrite pas ses entrailles (3). Elles sont également une porte close sur la bouche : c’est par elle que s’achève tout ce qui sort de l’estomac et que commence tout ce qui y entre. Elles en sont le couvercle et la serrure : le portier les ouvre ou les ferme à son gré. Elles constituent encore un élément de beauté et d’ornement du visage, et recèlent d’autres bénéfices encore. Observe l’aspect disgracieux de celui dont les lèvres sont tombantes !

Il est donc manifeste que chacun de ces organes se prête à une multitude d’usages, de finalités et d’avantages, à l’instar d’un seul outil qui sert à diverses tâches.

(1) Les manuscrits N et H lisent : « ʿalā l-fuʾād » (sur le cœur). (2) Les mêmes manuscrits H et N portent : « wa-fī dhālika maʿa maʿūnatihi » (et, ce faisant, avec son aide). (3) Manuscrit Q : « yatakāmil quwwatuhu » (sa force se complète) ; manuscrit D : « wa-yatkā quwwatuhu » ; manuscrit T : « wa-yatakāfunuhu ». Le passage est omis dans H et N. Le manuscrit R propose : « ḥattā yakūna lladhī yadkhulu minhu bi-qaṣd wa-qadr lā yathijju thajjan fa-yaghussu bihi sh-shārib wa-yankaʾu fī l-jawf » ; le manuscrit Ḍad en donne une leçon analogue.
ففي الحَنجَرة مسلكُ النَّسيم البارد الذي يروِّحُ عن الفؤاد (١) بهذا النَّفَس الدَّائم المتتابع. وفي اللسان منفعةُ الذَّوق، فيُذاقُ به الطُّعوم، ويُدْرِكُ لذَّتها، ويميِّز به بينها، فيعرفُ حقيقة كلِّ واحدٍ منها، وفيه مع ذلك معونةٌ (٢) على إساغَة الطَّعام وأنه يَلُوكه ويقلِّبه حتى يسهُل مسلكُه في الحَلْق. وفي الأسنان من المنافع ما هو معلومٌ مِنْ تقطيع الطَّعام كما تقدَّم، وفيها إسنادُ الشَّفتين وإمساكهما عن الاسترخاء وتشويه الصُّورة، ولهذا ترى من سقطت أسنانُه كيف تسترخي شفتاه. وفي الشَّفتين منافعُ عديدة، يُرْشَفُ بهما الشرابُ حتى يكون الدَّاخلُ منه إلى حَلْقِه بقَدَرٍ، فلا يَشْرَقُ به الشَّارب وينكأ جوفَه (٣). ثمَّ هما بابٌ مغلقٌ على الفم الذي إليه ينتهي ما يخرجُ من الجوف، ومنه يبتدي ما يَلِجُ فيه، فهما غطاءٌ وطابَقٌ عليه، يفتحُهما البوَّابُ متى شاء، ويغلقُهما إذا شاء، وهما أيضًا جمالٌ وزينةٌ للوجه، وفيهما منافعُ أخرُ سوى ذلك. وانظُر إلى من سقطت شَفَتاه ما أشوهَ منظرَه! فقد بان أنَّ كلَّ واحدٍ من هذه الأعضاء يتصرَّفُ إلى وجوهٍ شتَّى من المنافع والمآرب والمصالح كما تتصرَّفُ الأداةُ الواحدةُ في أعمالٍ شتَّى.
(١) (ن، ح): «على الفؤاد». (٢) (ح، ن): «وفي ذلك مع معونته». (٣) (ق): «يتكامل قوته». (د): «ويتكا قوته». (ت): «ويتكافونه». وسقطت من (ح، ن). والعبارة في (ر): «حتى يكون الذي يدخل منه بقصد وقدر لا يثج ثجًّا فيغص به الشارب وينكأ في الجوف». وفي (ض) نحوها.

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