Ainsi, le larynx constitue le passage de l’air frais qui, grâce à cette respiration continue et régulière, vient soulager le cœur (1).
La langue, elle, assure la fonction du goût : c’est par elle que l’on goûte les saveurs, que l’on en perçoit la délectation, que l’on les distingue les unes des autres et que l’on connaît la nature précise de chacune d’elles. Elle apporte en outre une aide (2) à la déglutition, mâchant et retournant la nourriture jusqu’à ce que son passage dans la gorge devienne aisé.
Quant aux dents, leurs bienfaits sont connus : elles découpent les aliments, comme on l’a déjà mentionné ; elles soutiennent aussi les lèvres et les empêchent de s’affaisser et de déformer le visage. Regarde donc comment les lèvres de celui qui a perdu ses dents se relâchent !
Les lèvres, pour leur part, recèlent de multiples avantages : c’est par elles que l’on sirote la boisson, de sorte que le liquide pénètre dans la gorge à la juste mesure ; ainsi le buveur n’avale pas de travers et n’irrite pas ses entrailles (3). Elles sont également une porte close sur la bouche : c’est par elle que s’achève tout ce qui sort de l’estomac et que commence tout ce qui y entre. Elles en sont le couvercle et la serrure : le portier les ouvre ou les ferme à son gré. Elles constituent encore un élément de beauté et d’ornement du visage, et recèlent d’autres bénéfices encore. Observe l’aspect disgracieux de celui dont les lèvres sont tombantes !
Il est donc manifeste que chacun de ces organes se prête à une multitude d’usages, de finalités et d’avantages, à l’instar d’un seul outil qui sert à diverses tâches.