en lettres et en modulations, tout comme les doigts qui se déplacent sur le chalumeau pour en composer des airs, et les coupures où le son s’interrompt (1) correspondent aux nœuds (2) qui se trouvent dans la tige de l’instrument, si bien que l’on a pu dire que le chalumeau n’a été conçu qu’à l’image de l’être humain (3).
Si donc tu t’émerveilles de l’art que déploient les mains des hommes pour faire jaillir de tels sons, à combien plus forte raison devrais-tu prolonger ton étonnement devant l’art divin qui a fait sortir de toi, à partir de chair, de sang, de veines et d’os, ces lettres et ces voix — et quel abîme les sépare ! Mais l’habitude et la routine n’éveillent pas l’étonnement des âmes : qu’elles soient confrontées à quelque chose d’inconnu, fût-il sans commune mesure avec ce qui précède, aussitôt elles le reçoivent avec stupeur et louange du Seigneur, exalté soit-Il (4), alors qu’elles portent déjà en elles des signes éclatants et prodigieux, bien plus grands encore, que la raison ne peut appréhender.
Contemple ensuite la multiplicité de ces modulations et la diversité de ces voix : bien que les gosiers, la gorge (5), la langue, les lèvres et les dents soient semblables, qui donc a opéré entre elles une distinction si parfaite, en dépit de la similitude de leurs sièges, sinon le Créateur, l’Omniscient ?!
Section (6)
Ces organes recèlent encore d’autres desseins et d’autres bénéfices que celui de la parole :