Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

en lettres et en modulations, tout comme les doigts qui se déplacent sur le chalumeau pour en composer des airs, et les coupures où le son s’interrompt (1) correspondent aux nœuds (2) qui se trouvent dans la tige de l’instrument, si bien que l’on a pu dire que le chalumeau n’a été conçu qu’à l’image de l’être humain (3).

Si donc tu t’émerveilles de l’art que déploient les mains des hommes pour faire jaillir de tels sons, à combien plus forte raison devrais-tu prolonger ton étonnement devant l’art divin qui a fait sortir de toi, à partir de chair, de sang, de veines et d’os, ces lettres et ces voix — et quel abîme les sépare ! Mais l’habitude et la routine n’éveillent pas l’étonnement des âmes : qu’elles soient confrontées à quelque chose d’inconnu, fût-il sans commune mesure avec ce qui précède, aussitôt elles le reçoivent avec stupeur et louange du Seigneur, exalté soit-Il (4), alors qu’elles portent déjà en elles des signes éclatants et prodigieux, bien plus grands encore, que la raison ne peut appréhender.

Contemple ensuite la multiplicité de ces modulations et la diversité de ces voix : bien que les gosiers, la gorge (5), la langue, les lèvres et les dents soient semblables, qui donc a opéré entre elles une distinction si parfaite, en dépit de la similitude de leurs sièges, sinon le Créateur, l’Omniscient ?!

Section (6)

Ces organes recèlent encore d’autres desseins et d’autres bénéfices que celui de la parole :

(1) «là où tous les sons aboutissent». (2) «les perforations et les orifices». Le manuscrit H lit : «bil-anjas». Voir plus haut, p. 742. (3) Voir : Abû Nasr al-Farâbî, Le Grand Livre de la musique, pp. 79-80. (4) Voir : Abû Hâmid al-Ghazâlî, Iḥyâ’ ‘ulûm ad-dîn, vol. 4, p. 437 ; Ibn Taymiyya, Majmû‘ al-fatâwâ, vol. 11, p. 379. (5) Pluriel de ḥalq (gorge) ; emploi rare attesté dans Lisân al-‘arab, s.v. «ḥalq». (6) Dalâ’il wa-l-i‘tibâr, p. 51 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, pp. 26-27.
حروفًا ونَغَمًا بالأصابع التي تختلفُ على المزمار فتصوغُه ألحانًا، والمقاطعَ التي ينتهي إليها الصَّوتُ (١) بالأبخاش (٢) التي في القَصَبة، حتى قيل: إنَّ المزمار إنما اتُّخِذ على مثال ذلك من الإنسان (٣). فإذا تعجَّبتَ من الصِّناعة التي تعملُها أكُفُّ النَّاس حتى تخرجَ منها تلك الأصوات، فما أحراكَ بطول التَّعجُّب من الصِّناعة الإلهيَّة التي أخرجت تلك الحروفَ والأصوات منك، من اللحم والدَّم والعُروق والعظام، ويا بُعْد ما بينهما! ولكنَّ المألوفَ المعتاد لا يقعُ عند النُّفوس موقعَ التَّعجُّب، فإذا رأت ما لا نسبة له إليه أصلًا إلا أنه غريبٌ عندها تلقَّته بالتَّعجُّب وتسبيح الرَّبِّ تعالى (٤)، وعندها من آياته العجيبة الباهرة ما هو أعظمُ من ذلك مما لا يدركُه القياس. ثمَّ تأمَّل اختلاف هذه النَّغَمات، وتبايُن هذه الأصوات، مع تشابه الحناجر والحُلُق (٥) والألسنة والشِّفاه والأسنان، فمن الذي ميَّز بينها أتمَّ تمييزٍ مع تشابهِ محالِّها سوى الخلَّاق العليم؟! فصل (٦) وفي هذه الآلات مآربُ أخرى ومنافعُ سوى منفعة الكلام:
(١) «تنتهي إليها الأصوات». (٢) الثقوب والمنافذ. وفي (ح): «بالأنجاش». وانظر ما تقدم (ص: ٧٤٢). (٣) انظر: «الموسيقى الكبير» للفارابي (٧٩، ٨٠). (٤) انظر: «الإحياء» (٤/ ٤٣٧)، و «مجموع الفتاوى» (١١/ ٣٧٩). (٥) جمع حَلْق. وهي لغةٌ عزيزة، كما في «اللسان» (حلق). (٦) «الدلائل والاعتبار» (٥١)، «توحيد المفضل» (٢٦ - ٢٧).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies