Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

pour ceux qui savent. Et Il a encore dit : « Sur la terre, il est des bandes voisines les unes des autres ; des jardins de vignes, des champs cultivés, des palmiers isolés ou groupés ; tous sont abreuvés d’une même eau, et pourtant Nous faisons que certains l’emportent sur d’autres par la qualité du fruit. Voilà bien là des signes pour des gens doués de raison. » (Cor. 13 : 4)

Considère donc à présent la gorge : elle est pareille à un tube par où s’échappe la voix, tandis que la langue, les lèvres et les dents servent à façonner (1) les lettres et les modulations.

Ne vois-tu pas que celui qui a perdu ses dents ne parvient plus à articuler les sons qui dépendent d’elles et de la langue ; que celui dont la lèvre est fendue ne peut former les consonnes labiales (2) ; que celui dont la langue s’est alourdie (3) est incapable de faire entendre le rāʾ, le lām ou le dhāl ; et que celui dont la gorge est atteinte n’a plus la maîtrise des lettres gutturales ?

Les anatomistes ont comparé l’émission de la voix au jeu du chalumeau : les poumons sont pour eux comme un soufflet que l’on gonfle (4) par-dessous pour y faire entrer l’air ; les muscles (5) qui se contractent (6) autour des poumons afin que la voix jaillisse de la gorge ressemblent aux mains (7) qui pressent le soufflet pour expulser l’air dans le tuyau ; quant aux lèvres, aux dents et à la langue, ils façonnent le son

(1) Le manuscrit T lit « li-sina'a » ; les manuscrits H et N portent « bi-siyagha ». (2) Dans le manuscrit Ḍ, la consonne fa n’a pas été corrigée ; le manuscrit R contient la formule « man taqaddaba shafatuhu lam yusahhah al-fa » (celui dont la lèvre se rétracte, la lettre fa n’ayant pas été rectifiée). (3) Le manuscrit T donne « naqs lisanihi » (sa langue est amputée). (4) Les manuscrits T et Q lisent « fihi ». Le terme ziqq désigne une outre en cuir. (5) Les copies de base lisent « wa-l-fadhalat » (et les déchets), lecture fautive ; la leçon correcte est fournie par les manuscrits R et Ḍ. Voir Ibn an-Nafis, Sharh Tashrih al-Qanun, p. 54, 63, 122, 130, 284. (6) Les manuscrits Q et T lisent « tafid ». (7) Le manuscrit Ḍ lit « bi-l-asabi' » (avec les doigts).
لَآيَاتٍ لِلْعَالِمِينَ﴾ [الروم: ٢٢]، وقال تعالى: ﴿وَفِي الْأَرْضِ قِطَعٌ مُتَجَاوِرَاتٌ وَجَنَّاتٌ مِنْ أَعْنَابٍ وَزَرْعٌ وَنَخِيلٌ صِنْوَانٌ وَغَيْرُ صِنْوَانٍ يُسْقَى بِمَاءٍ وَاحِدٍ وَنُفَضِّلُ بَعْضَهَا عَلَى بَعْضٍ فِي الْأُكُلِ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَاتٍ لِقَوْمٍ يَعْقِلُونَ﴾ [الرعد: ٤]. فانظر الآن إلى الحَنجَرة، كيف هي كالأنبوب لخروج الصَّوت، واللسانُ والشَّفتان والأسنانُ لصياغة (١) الحروف والنَّغَمات. ألا ترى أنَّ من سقطت أسنانُه لم يُقِم الحروفَ التي تخرجُ منها ومن اللسان، ومن نقصت شفتُه كيف لم يُقِم الحروفَ الشفهيَّة (٢)، ومن ثقُل لسانُه (٣) كيف لم يُقِم الرَّاء واللام والذال، ومن عرضت له آفةٌ في حلقه كيف لم يتمكَّن من الحروف الحلقيَّة؟! وقد شبَّه أصحابُ التَّشريح مخرجَ الصَّوت بالمزمار، والرِّئةَ بالزِّقِّ الذي يُنفَخُ به (٤) مِنْ تحته ليدخل الرِّيح فيه، والعضلات (٥) التي تَقْبِض (٦) على الرِّئة ليخرجَ الصَّوتُ من الحَنجَرة بالأكُفِّ (٧) التي تقبض على الزِّقِّ حتى يخرجَ الهواءُ في القَصَبة، والشفتين والأسنانَ واللسانَ التي تَصُوغُ الصَّوتَ
(١) (ت): «لصناعة». (ح، ن): «بصياغة». (٢) (ض): «لم يصحح الفاء». (ر): «من تقضب شفته لم يصح الفاء». (٣) (ت): «نقص لسانه». (٤) (ت، ق): «فيه». والزِّقُّ: وعاءٌ من جِلد. (٥) في الأصول: «والفضلات». تحريف. والتصويب من (ر، ض). وانظر: «شرح تشريح القانون» لابن النفيس (٥٤، ٦٣، ١٢٢، ١٣٠، ٢٨٤). (٦) (ق، ت): «تفيض». (٧) (ض): «بالأصابع».

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