et par lequel on attendrit les cœurs, on réconcilie (1) les ennemis, on restaure l’amitié entre les adversaires ; il s’en trouve aussi qui produisent l’effet inverse. Il y a cette parole que l’homme prononce sans y prêter attention et qui le précipite dans le Feu plus loin que la distance séparant l’Orient de l’Occident, et cette autre parole, qu’il profère tout aussi distraitement, qui le fait bondir jusqu’au plus haut des hauts degrés, auprès du Seigneur des mondes.
Gloire à Celui qui a tiré tout cela d’un simple souffle d’air brut s’échappant de la poitrine, ignorant ce qu’on veut faire de lui, où il va s’achever et quel sera son lieu de repos !
À cela s’ajoute la diversité des langues et des idiomes — que seul Allah peut recenser — : des foules venues de contrées diverses se rassemblent ; chacun parle sa langue, si bien que l’on perçoit des parlers variés (2) et des propos ordonnés, harmonieux, alors même que nul ne comprend ce que dit l’autre.
La langue, pourtant, n’est qu’un seul et même organe dans sa forme et son aspect, tout comme la gorge, les molaires et les lèvres ; or la parole se diversifie et se différencie à l’extrême (3). Ce signe est semblable à celui de la terre qu’une eau unique abreuve et dont jaillissent, malgré tout, des variétés de plantes, de fleurs, de grains et de fruits d’une prodigieuse diversité.
Voilà pourquoi Allah — exalté soit-Il — déclare dans Son Livre que chacun d’eux renferme des signes (4) ; Il a dit : « Parmi Ses signes figurent la création des cieux et de la terre, la diversité de vos langues et de vos couleurs. Voilà bien là des signes… »