afin que l’éclat et la fraîcheur de son visage demeurent intacts, sans qu’aucun poil ne les ternisse.(1) L’homme et la femme partagent cependant tout le reste de la pilosité, en raison de la sagesse et de l’utilité qu’elle recèle.
Section (2)
Considère ensuite(3) ce son qui sort de la gorge : la disposition de ses organes, la parole et son ordonnancement, les lettres, leurs points d’articulation, leurs instruments, leurs segments et leurs résonances. Tu découvriras là une sagesse éclatante dans un simple souffle d’air qui part des entrailles, traverse le conduit du larynx, puis atteint le pharynx, la langue, les lèvres et les dents ; il y rencontre des coupures, des limites et des timbres. À chaque coupure et à chaque limite se fait entendre un tintement distinct, séparé des autres, par lequel se forme la lettre.(4)
Il ne s’agit, à l’origine, que d’un seul son élémentaire qui parcourt un unique canal avant de parvenir à ces coupures et limites, d’où se détachent vingt-neuf timbres. C’est sur eux que repose l’ensemble de la parole : ses ordres et ses interdictions, ses affirmations et ses interrogations, sa poésie et sa prose, ses sermons, ses exhortations et ses chapitres.
De là vient ce qui fait rire et ce qui fait pleurer, ce qui jette dans le désespoir et ce qui suscite l’avidité, ce qui effraie et ce qui rassure, ce qui divertit, ce qui attriste, ce qui resserre l’âme et les membres et ce qui les vivifie ; ce qui rend malade le bien-portant et guérit le souffrant. De là provient aussi ce qui fait disparaître les bienfaits et ce qui attire les épreuves, comme ce par quoi l’on repousse le malheur et obtient la faveur,