Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il arrive parfois que, parmi les humains, deux individus se ressemblent à tel point qu’on peine à les distinguer ; pour ceux qui ont affaire à eux, la charge s’alourdit alors considérablement, et l’on ressent vivement le besoin de déterminer lequel des deux est l’ayant-droit, lequel doit être tenu pour sa faute et sur lequel pèse l’obligation(1). Or, si pareille confusion se produit fréquemment lorsque les noms se ressemblent, causant au témoin comme au juge bien des difficultés, que dirait-on si la ressemblance(2) portait sur la constitution même et l’apparence ?

Quant aux bêtes de somme, aux oiseaux et aux fauves, cette similitude ne leur nuit en rien ; la sagesse n’a donc pas exigé qu’on distingue chaque couple par un signe particulier.

Béni soit Allah, le Meilleur des créateurs, dont la sagesse embrasse toute chose.

Section (3)

Réfléchis encore : pourquoi, quand l’homme et la femme atteignent la puberté, voient-ils tous deux pousser le poil du pubis, alors que seul l’homme se distingue par la barbe ?

C’est qu’Allah, ayant institué l’homme comme responsable de la femme et l’ayant placée sous sa garde, telle une dépendante et captive en ses mains(4), l’a privilégié par un attribut qui lui confère majesté, dignité, respect et prestance ; cela correspond à sa perfection et à son besoin de ces qualités. Quant à la femme, Il l’en a privée afin que l’agrément et le plaisir que l’on recherche auprès d’elle demeurent entiers.

(1) (Q, T, D) : « wa-anna ‘alayhi al-haqq » — « et que l’obligation lui incombe ». (2) (N) : « law waqa‘a al-tashabbuh » — « si la ressemblance avait eu lieu ». (3) Al-Dala’il wa-l-i‘ti­bâr, p. 65 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 49. (4) Al-khawal désigne les esclaves — hommes, femmes et gens de maison — tandis que al-‘âni renvoie au prisonnier. Dans la recommandation du Prophète lors du Sermon d’adieu : « Traitez bien les femmes, car elles sont des ‘awân entre vos mains. » Hadith rapporté par al-Tirmidhî (n° 1163), qualifié de ḥasan ṣaḥîḥ ; il précise : « ‘awân signifie : prisonnières que vous détenez. »
وربَّما وقع في النَّوع الإنسانيِّ تشابهٌ بين اثنين لا يكادُ يميَّز بينهما، فتعظُم عليهم المؤنةُ في معاملتهما، وتشتدُّ الحاجةُ إلى تمييز المستحقِّ منهما والمؤاخَذ بذنبه ومن عليه الحقُّ (١)، وإذا كان يَعْرِضُ هذا في التَّشابه في الأسماء كثيرًا، ويلقى الشاهدُ والحاكمُ من ذلك ما يلقى، فما الظنُّ لو وُضِعَ التشابُه (٢) في الخِلقة والصُّورة؟! ولمَّا كان الحيوانُ البهيمُ والطَّيرُ والوحوشُ لا يضرُّها هذا التَّشابهُ شيئًا لم تَدْعُ الحكمةُ إلى الفرق بين كلِّ زوجين منها. فتبارك الله أحسنُ الخالقين، الذي وسعت حكمتُه كلَّ شيء. فصل (٣) ثمَّ تأمَّل لم صارت المرأةُ والرجلُ إذا أدركا اشتركا في نبات العانة، ثمَّ ينفردُ الرجلُ عن المرأة باللِّحية؟ فإنَّ الله ﷿ لمَّا جعل الرجل قيِّمًا على المرأة، وجعلها كالخَوَل له والعاني في يديه (٤)، ميَّزه عليها بما فيه له المهابةُ والعزُّ والوقارُ والجلالة؛ لكماله وحاجته إلى ذلك، ومُنِعَتها المرأةُ لكمال الاستمتاع بها والتلذُّذ؛
(١) (ق، ت، د): «وأن عليه الحق». (٢) (ن): «لو وقع التشابه». (٣) «الدلائل والاعتبار» (٦٥)، «توحيد المفضل» (٤٩). (٤) الخَوَل: العبيد والإماء وغيرُهم من الحاشية. والعاني: الأسير. وفي وصية النبي ﷺ بالنساء في خطبة حجة الوداع: «واستوصوا بالنساء خيرًا، فإنما هنَّ عوانٍ عندكم». أخرجه الترمذي (١١٦٣) وقال: «هذا حديثٌ حسنٌ صحيح. ومعنى قوله عوانٍ عندكم يعني: أسرى في أيديكم».

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