C’est pourquoi l’on constate, au sein de l’espèce humaine, des individus dotés d’un membre en excédent (1) ou privés d’un autre, preuve éclatante de la sagesse du Seigneur, Exalté soit-Il ; s’Il l’avait voulu, Il aurait pu créer tous les hommes ainsi. Cela permet à celui dont la constitution est complète de mesurer l’ampleur de la grâce qui repose sur lui : il a été façonné droit et harmonieux, sans qu’ait été ajouté à son être quoi que ce soit d’inutile ni retranché quoi que ce soit de nécessaire, comme il l’observe chez autrui. Il lui incombe donc d’autant plus d’accroître sa gratitude et ses louanges envers son Seigneur, et de savoir que tout cela ne relève pas de l’œuvre de la nature, mais bien de l’œuvre d’Allah, qui a perfectionné toute chose et qui crée ce qu’Il veut.
Section (2)
D’où la nature tiendrait-elle donc cette variété et ces différences qui marquent l’espèce humaine dans leurs traits ? Il est rarissime de rencontrer deux personnes (3) parfaitement semblables sous tous rapports ; c’est même l’un des phénomènes les plus rares au monde. Il en va tout autrement des espèces animales — bêtes domestiques, fauves, oiseaux et autres créatures : tu peux voir une harde de gazelles, un troupeau de moutons, une caravane de chameaux, un groupe de bovins (4) dont les individus se ressemblent tellement qu’on ne les distingue les uns des autres qu’après une longue observation ou grâce à un signe manifeste. Les hommes, quant à eux, diffèrent par leurs physionomies et leur conformation (5) ; il est presque impensable que deux d’entre eux se rejoignent dans une seule et même apparence, une même morphologie, voire même une voix identique (6).