et par quatre ; considère donc les immenses sagesses que recèle cette répartition.
Ainsi, la tête, la langue, le nez et l’organe sexuel n’ont été créés qu’à l’unité, et il n’y aurait aucun avantage à en posséder davantage. Vois-tu que, si l’on greffait une seconde tête sur la première, elles alourdiraient le corps sans nécessité, puisque tous les sens dont l’être humain a besoin sont déjà rassemblés dans une seule ? L’homme se trouverait alors comme scindé : s’il parlait, entendait, voyait, respirait et goûtait avec l’une d’elles, l’autre resterait inemployée, sans utilité. S’il émettait la même parole, percevait les mêmes sons et voyait les mêmes choses avec les deux à la fois, la seconde ne serait qu’un excédent inutile ; et si leurs perceptions divergeaient, ses états et ses représentations en seraient troublés.
De même, si une seule bouche renfermait deux langues : qu’il profère la même parole avec l’une et l’autre, l’une des deux devient vaine ; qu’il n’en utilise qu’une, le constat est identique ; qu’il parle simultanément deux discours différents, il ne ferait que semer la confusion chez l’auditeur, qui ne saurait lequel retenir.
Il en serait de même s’il possédait deux orifices d’évacuation ⦗1⦘ ou deux bouches : outre la laideur d’une telle apparence, l’un des deux serait superflu, sans la moindre utilité.
La situation est tout autre pour les membres créés par paire : les deux yeux, les deux oreilles, les deux lèvres, les deux mains, les deux pieds, les deux jambes, les deux cuisses, les deux hanches et les deux seins. La sagesse qui les justifie est manifeste, leur utilité évidente ⦗2⦘, et la beauté ainsi que l’harmonie qu’ils procurent sautent aux yeux. Si l’être humain n’avait qu’un seul œil, son apparence serait difforme et incomplète ; il en va de même pour les sourcils.
Quant aux mains, aux pieds, aux jambes et aux cuisses, leur duplication est indispensable à l’homme.