Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et par quatre ; considère donc les immenses sagesses que recèle cette répartition.
Ainsi, la tête, la langue, le nez et l’organe sexuel n’ont été créés qu’à l’unité, et il n’y aurait aucun avantage à en posséder davantage. Vois-tu que, si l’on greffait une seconde tête sur la première, elles alourdiraient le corps sans nécessité, puisque tous les sens dont l’être humain a besoin sont déjà rassemblés dans une seule ? L’homme se trouverait alors comme scindé : s’il parlait, entendait, voyait, respirait et goûtait avec l’une d’elles, l’autre resterait inemployée, sans utilité. S’il émettait la même parole, percevait les mêmes sons et voyait les mêmes choses avec les deux à la fois, la seconde ne serait qu’un excédent inutile ; et si leurs perceptions divergeaient, ses états et ses représentations en seraient troublés.
De même, si une seule bouche renfermait deux langues : qu’il profère la même parole avec l’une et l’autre, l’une des deux devient vaine ; qu’il n’en utilise qu’une, le constat est identique ; qu’il parle simultanément deux discours différents, il ne ferait que semer la confusion chez l’auditeur, qui ne saurait lequel retenir.
Il en serait de même s’il possédait deux orifices d’évacuation ⦗1⦘ ou deux bouches : outre la laideur d’une telle apparence, l’un des deux serait superflu, sans la moindre utilité.
La situation est tout autre pour les membres créés par paire : les deux yeux, les deux oreilles, les deux lèvres, les deux mains, les deux pieds, les deux jambes, les deux cuisses, les deux hanches et les deux seins. La sagesse qui les justifie est manifeste, leur utilité évidente ⦗2⦘, et la beauté ainsi que l’harmonie qu’ils procurent sautent aux yeux. Si l’être humain n’avait qu’un seul œil, son apparence serait difforme et incomplète ; il en va de même pour les sourcils.
Quant aux mains, aux pieds, aux jambes et aux cuisses, leur duplication est indispensable à l’homme.

(1) Le duel du terme « han » (n prononcée légèrement) est une périphrase pour désigner le sexe. (2) Les manuscrits H et N portent : « et l’utilité est clairement manifeste ».
ورُباع، وما في ذلك من الحِكَم البالغة. فالرَّأسُ واللسانُ والأنفُ والذَّكَرُ خُلِق كلٌّ منها واحدًا فقط، ولا مصلحة في كونه أكثر من ذلك، ألا ترى أنه لو أضيف إلى الرَّأس رأسٌ آخرُ لأثقلا بدنَه من غير حاجةٍ إليه؛ لأنَّ جميع الحواسِّ التي يحتاجُ إليها مجتمعةٌ في رأسٍ واحد، ثمَّ إنَّ الإنسان كان ينقسمُ برأسيه قسمين، فإن تكلَّم من أحدهما وسَمِع به وأبصر وشَمَّ وذاق بقي الآخرُ معطَّلاً لا أَرَبَ فيه، وإن تكلَّم وأبصر وسمع بهما معًا كلامًا واحدًا وسمعًا واحدًا وبصرًا واحدًا كان الآخرُ فضلةً لا فائدة فيه، وإن اختلف إدراكُهما اختلفت عليه أحوالُه وإدراكاتُه. وكذلك لو كان له لسانان في فمٍ واحد، فإن تكلَّم بهما كلامًا واحدًا كان أحدهما ضائعًا، وإن تكلَّم بأحدهما دون الآخر فكذلك، وإن تكلَّم بهما معًا كلامَيْن مختلفَيْن خَلَط على السَّامع ولم يَدْرِ بأيِّ الكلامين يأخذ. وكذلك لو كان له هَنَوانِ (١) أو فَمَانِ لكان ــ مع قُبح الخِلْقة ــ أحدُهما فضلةً لا منفعة فيه. وهذا بخلاف الأعضاء التي خُلِقت مثنى، كالعينين والأذنين والشَّفتين واليدَيْن والرِّجلين والسَّاقين والفَخِذين والوَرِكين والثَّديين؛ فإنَّ الحكمة فيها ظاهرة، والمصلحة فيها بيِّنة (٢)، والجمال والزِّينة عليها بادية، فلو كان الإنسانُ بعينٍ واحدةٍ لكان مشوَّه الخِلقة ناقِصَها، وكذلك الحاجبان. وأما اليدان والرِّجلان والسَّاقان والفَخِذان فتعدُّدهما ضروريٌّ للإنسان
(١) مثنى «هَن»، بتخفيف النون، كنايةٌ عن الفَرْج. (٢) (ح، ن): «والمصلحة بادية بينة».

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