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Quant à celui qui est privé des deux formes d’expression : l’expression du cœur et l’expression de la langue (1), il se trouve au rang du bétail, voire dans une condition plus misérable encore ; car les animaux possèdent, eux, les avantages et les intérêts pour lesquels ils ont été créés et qu’ils savent mettre en œuvre, tandis que cet homme ignore bien des choses auxquelles les bêtes se dirigent d’instinct et se jette, lui, dans ce dont elles se gardent.
S’il lui manque l’expression de la langue tout en conservant celle du cœur, il perd la caractéristique propre à l’être humain : la parole. Il devient alors à la fois une lourde charge pour autrui et pour lui-même ; son regret est immense, son chagrin de ne pouvoir répondre ou renvoyer la parole s’allonge indéfiniment. Il ressemble à un paralytique qui verrait ce dont il a besoin sans que sa main ni son pied ne puissent l’atteindre.
Que de bienfaits complets Allah accorde à Son serviteur au moyen de ces membres, organes, facultés et intérêts qui sont en lui (2) ! Il ne leur prête aucune attention et ne remercie pas Allah. Qu’il perde seulement l’un d’eux, il souhaiterait le racheter au prix du monde entier et de tout ce qu’il renferme. Il se meut dans les faveurs d’Allah grâce à la santé de ses membres, de ses organes et de ses forces, mais reste dépourvu de gratitude envers elles. Si l’on mettait devant lui l’univers et tout ce qu’il contient en échange de la disparition de l’un de ces bienfaits, il refuserait la transaction, sachant qu’elle serait un marché de dupes ; « L’homme est certes très injuste, très ingrat. » [Ibrâhîm : 34].
Section (3)
Puis contemple Sa sagesse dans les organes qu’Il a créés chez toi, tantôt uniques, tantôt par paires, tantôt par trois