supporte l’épreuve avec patience et vise le Paradis.
Dans Sa bienveillance parfaite, Allah a reflété (1) la lumière de sa vue vers sa clairvoyance intérieure : il est ainsi l’homme le plus pénétrant par la perspicacité et l’intuition ; Il a, de plus, recentré sur elle toutes ses préoccupations, si bien que son cœur demeure rassemblé, sans dispersion, afin que sa vie lui soit douce et que son intérêt soit pleinement assuré ; qu’on ne s’imagine donc pas (2) qu’il soit accablé, triste ou plein de regrets.
Tel est le cas de celui qui naît aveugle.
Quant à celui qui perd la vue après avoir vu, il se trouve dans la situation ordinaire des gens éprouvés qui passent de la santé au malheur : la tribulation est pour lui sévère, car on l’a séparé de tout ce à quoi il était accoutumé – visions, images et toutes les façons de profiter de sa vue ; son cas relève donc d’une autre appréciation.
Il en va de même pour celui qui est privé d’ouïe : il perd l’âme même du dialogue et de l’échange, se trouve privé du plaisir de la conversation et de l’harmonie des voix mélodieuses ; la gêne devient grande pour les gens lorsqu’ils veulent s’adresser à lui (3) et ils finissent par s’en lasser ; il n’entend rien des nouvelles ni des propos des hommes, demeurant parmi eux présent comme absent, vivant comme mort, proche comme lointain.
Les penseurs ont divergé pour savoir lequel des deux est le plus proche (4) de la perfection et voit ses affaires le moins perturbées : l’aveugle ou le sourd ? (5) Ils ont, à ce sujet, avancé diverses considérations (6).