et la faculté du toucher fut, quant à elle, assistée par une force qu’Allah a placée en elle : grâce à cette puissance, elle perçoit les objets tangibles sans avoir besoin d’aucun élément extérieur, contrairement aux autres sens. Elle saisit en effet les choses palpables sans intermédiaire, car c’est par la proximité (1) et le contact direct qu’elle les appréhende ; elle n’eut donc nul besoin de médiation.
Section (2)
Considère (3) maintenant l’état de celui qui est privé de la vue et les désordres qui atteignent ses affaires : il ne sait où poser son pied, n’aperçoit pas ce qui se trouve devant lui, ne distingue pas les couleurs ni les paysages agréables des laids, n’est pas en mesure d’acquérir un savoir à partir d’un livre qu’il lirait, et ne peut méditer ni contempler les merveilles du royaume d’Allah.
À cela s’ajoute qu’il ne perçoit pas nombre de ses intérêts et de ses dangers : il ne remarque pas la fosse où il risque de tomber, ni l’animal qui se dirige vers lui – tel un fauve –, de sorte qu’il puisse s’en prémunir (4), ni l’ennemi qui fond sur lui pour le tuer ; il est incapable de fuir s’il est poursuivi (5). Bien au contraire, il se tient dans la reddition la plus complète face à quiconque veut lui nuire. Sans une protection spéciale qu’Allah lui accorde, semblable à celle dont Il entoure le nouveau-né, sa perte serait plus proche de lui que son salut ; il est comme de la viande posée sur une planche (6). Voilà pourquoi Allah a fixé sa récompense lorsqu’il