les confins et les directions, au point de chambouler ses cinq sens dans ses six orientations, les y projetant (1) sous l’effet de l’intensité de sa réflexion.
Section (2)
Par la suite, ces sens furent assistés par d’autres créatures, distinctes d’eux, qui leur servent d’intermédiaires dans l’acte de percevoir (3). Ainsi, la vue fut secondée par la clarté et les rayons lumineux : sans eux, l’observateur ne tirerait aucun avantage de sa vision ; si l’on privait l’œil de lumière et de rayons, il ne lui servirait (4) à rien.
L’ouïe, quant à elle, fut aidée par l’air : il porte les sons dans l’atmosphère, puis les achemine jusqu’à l’oreille, qui les recueille avant de les transmettre à la faculté auditive. Sans l’air, l’homme n’entendrait rien.
L’odorat, de son côté, fut soutenu par la brise subtile qui véhicule les effluves, puis les lui remet afin qu’il les perçoive ; sans cette brise, il ne sentirait rien.
Le goût, enfin, fut épaulé par la salive qui se répand dans la bouche : grâce à elle, la faculté gustative saisit les saveurs des choses. C’est pourquoi la salive, elle-même, n’a aucun goût — ni doux, ni acide, ni salé, ni piquant (5) — car autrement elle convertirait (6) ces saveurs en la sienne propre et le but recherché ne serait plus atteint.