Les marchandises les plus précieuses ne reviennent qu’à celui qui enfourche la croupe de l’éloignement, parcourt les horizons et finit par tenir pour butin le seul fait de rentrer ; il trouve aisé ce que les oisifs jugent ardu, et s’attache à ce dont les ignorants se détournent avec effroi.
Section (1)
Reviens donc à l’examen de ta personne et de la sagesse du Créateur, l’Omniscient, dans la façon dont Il t’a façonné. Contemple les sens grâce auxquels tu t’ouvres aux choses : vois comment Allah les a logés dans la tête (2) tels des lampes au sommet d’une tour, afin que tu puisses, par leur entremise, observer la création. Ils n’ont pas été placés dans les membres voués aux besognes serviles (3) – les mains et les pieds –, qui s’exposent aux accidents par l’action et le mouvement ; ni dans les organes situés au centre du corps, tel le ventre ou le dos, où il leur serait difficile de se tourner (4) et de prendre connaissance des objets. Nulle place ne leur convenant dans ces membres, la tête s’est révélée l’emplacement le plus approprié et le plus harmonieux (5) ; la tête (6) est le sanctuaire des sens (7).
Réfléchis encore à la sagesse qui a voulu que les sens soient au nombre de cinq, correspondant aux cinq catégories de réalités sensibles : cinq répondant à cinq, afin qu’aucune chose perceptible ne demeure hors de sa portée.