Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

pourvoir à sa subsistance et à la faire prospérer ; les sphères célestes sont asservies, dociles, décrivant leurs révolutions pour tout ce qui sert son intérêt ; le soleil, la lune et les astres sont pareillement soumis, poursuivant leur course selon le décompte précis de ses saisons et de ses heures, afin d’assurer la régulation ordonnée de sa nourriture ; le monde atmosphérique est mis à son service avec ses vents et son air, ses nuées et ses oiseaux, ainsi que tout ce qu’il recèle ; l’ensemble du monde inférieur est également asservi à l’homme, créé pour ses besoins : sa terre et ses montagnes, ses mers et ses fleuves, ses arbres et ses fruits, sa végétation et ses animaux, absolument tout ce qu’il contient.

Comme le Très-Haut l’a dit : « Allah est Celui qui a assujetti pour vous la mer, afin que les navires y voguent par Son ordre, que vous recherchiez de Sa grâce et que vous soyez reconnaissants. (12) Et Il a mis à votre service tout ce qui est dans les cieux et sur la terre, tout cela venant de Lui. Voilà bien là des signes pour des gens qui réfléchissent. » (Al-Jâthiyah : 12-13) ; et Il a dit aussi : « Allah est Celui qui a créé les cieux et la terre, qui a fait descendre du ciel une eau grâce à laquelle Il fait sortir des fruits pour vous nourrir ; Il a assujetti pour vous les vaisseaux afin qu’ils voguent sur la mer par Son ordre ; Il a assujetti pour vous les fleuves (32) ; Il a assujetti pour vous le soleil et la lune, constants dans leurs mouvements ; Il a assujetti pour vous la nuit et le jour (33) ; Il vous a donné de tout ce que vous Lui avez demandé. Si vous comptiez les bienfaits d’Allah, vous ne sauriez les énumérer. L’homme est certes très injuste et très ingrat. » (Ibrâhîm : 32-34)

Celui donc qui chemine (1) dans la contemplation des bienfaits d’Allah, qui médite Sa sagesse et l’exquise perfection de Son œuvre (2), possède une envergure plus vaste et une coupe plus pleine que celui qui demeure rivé à son lieu d’origine, installé dans la routine de son milieu et de sa nature, satisfait du train de vie de ses semblables, ne trouvant pas indigne de lui d’être un parmi eux, et qui se dit : « J’ai leur exemple pour moi,

et que suis-je, sinon un fils de Rabîʿah ou de Muḍar ? » (3)

(1) Les manuscrits N et Q portent «fa-s-sayr» (la marche), tandis que le manuscrit T lit «fa-s-sitr» (la dissimulation). (2) Le manuscrit T lit «sifatuhu» (sa caractéristique), alors que le manuscrit N donne «sifatuhu» au pluriel : «sifâtuhu» (ses caractéristiques). (3) Il s’agit du second hémistiche d’un vers de Labid b. Rabiʿa (Diwân, p. 213) composé à l’approche de sa mort et adressé à ses deux filles. Le premier hémistiche est : «Tamanna ibnatāy an yaʿīsha abūhumā» («Mes deux filles espéraient que leur père resterait en vie»).
رزقه ويعملون فيه، والأفلاكُ مسخَّرةٌ منقادةٌ دائرةٌ بما فيه مصالحُه، والشمسُ والقمرُ والنُّجومُ مسخَّراتٌ جارياتٌ بحساب أزمنته وأوقاته، وإصلاح رواتب أقواته، والعالمُ الجويُّ مسخَّرٌ له برياحه وهوائه، وسحابه وطيره، وما أُودِع فيه، والعالمُ السُّفليُّ كلُّه مسخَّرٌ له مخلوقٌ لمصالحه؛ أرضُه وجبالُه، وبحارُه وأنهارُه، وأشجارُه وثمارُه، ونباتُه وحيوانُه، وكلُّ ما فيه. كما قال تعالى: ﴿اللَّهُ الَّذِي سَخَّرَ لَكُمُ الْبَحْرَ لِتَجْرِيَ الْفُلْكُ فِيهِ بِأَمْرِهِ وَلِتَبْتَغُوا مِنْ فَضْلِهِ وَلَعَلَّكُمْ تَشْكُرُونَ (١٢) وَسَخَّرَ لَكُمْ مَا فِي السَّمَاوَاتِ وَمَا فِي الْأَرْضِ جَمِيعًا مِنْهُ إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَاتٍ لِقَوْمٍ يَتَفَكَّرُونَ﴾ [الجاثية: ١٢ - ١٣]، وقال تعالى: ﴿اللَّهُ الَّذِي خَلَقَ السَّمَاوَاتِ وَالْأَرْضَ وَأَنْزَلَ مِنَ السَّمَاءِ مَاءً فَأَخْرَجَ بِهِ مِنَ الثَّمَرَاتِ رِزْقًا لَكُمْ وَسَخَّرَ لَكُمُ الْفُلْكَ لِتَجْرِيَ فِي الْبَحْرِ بِأَمْرِهِ وَسَخَّرَ لَكُمُ الْأَنْهَارَ (٣٢) وَسَخَّرَ لَكُمُ الشَّمْسَ وَالْقَمَرَ دَائِبَيْنِ وَسَخَّرَ لَكُمُ اللَّيْلَ وَالنَّهَارَ (٣٣) وَآتَاكُمْ مِنْ كُلِّ مَا سَأَلْتُمُوهُ وَإِنْ تَعُدُّوا نِعْمَتَ اللَّهِ لَا تُحْصُوهَا إِنَّ الْإِنْسَانَ لَظَلُومٌ كَفَّارٌ﴾ [إبراهيم: ٣٢ - ٣٤]. فالسَّائرُ (١) في معرفة آلاء الله وتأمُّل حكمته وبديع صَنْعته (٢) أطولُ باعًا وأملأُ صُواعًا من اللصيق بمكانه، المقيم في بلد عادته وطبعه، راضيًا بعَيْش بني جنسه، لا يأنفُ لنفسه أن يكون واحدًا منهم، يقول: لي أسوةٌ بهم، * وهل أنا إلا مِنْ ربيعة أو مُضَر (٣) *
(١) (ن، ق): «فالسير». وفي (ت): «فالستر». (٢) (ت): «صفته». وفي (ن): «صفاته». (٣) عجز بيتٍ للبيد بن ربيعة، في ديوانه (٢١٣)، من أبياتٍ قالها لما حضرته الوفاة، يخاطب ابنتيه. وصدرُه: * تمنَّى ابنتاي أن يعيش أبوهما *

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