le Créateur, l’Initiateur, Celui qui façonne les formes, Seigneur des mondes, le Soutien des cieux et de la terre, Maître des levants et des couchants, Lui qui a parfait toute chose qu’Il a créée et achevé, dans la plus grande maîtrise, tout ce qu’Il a façonné.
Pourquoi donc as-tu renié Ses Noms et Ses attributs – voire Son être même – et attribué Son œuvre à un autre, Sa création à quelqu’un d’autre, alors que tu es, bon gré mal gré, contraint de reconnaître que l’invention, la création, la seigneurie et la gouvernance Lui appartiennent, inéluctablement ? Louange donc à Allah, Seigneur de l’univers.
Or, si tu réfléchissais au mot même de « nature » et au sens qu’il porte, son énoncé te guiderait vers le Créateur et Artisan suprême tout comme son contenu y conduit la raison (1). Le terme « ṭabîʿa » appartient en effet au schème faʿîla, pris au sens de mafʿûla : il signifie « imprimée », et n’admet – absolument (2) – aucune autre acception. Il suit la même formation morphologique que les dispositions innées déposées dans le corps, telles que la sajiyya (disposition naturelle), la gharîza (instinct), la nahîza (tempérament) (3), la salîqa (aptitude innée) ou, plus généralement, la nature ; c’est ce qui est inscrit dans l’animal et gravé en lui.
Il est par ailleurs évident qu’il ne saurait exister de nature sans celui qui l’imprime ; le mot « nature » renvoie donc, par lui-même, au Créateur exalté, tout comme son sens y renvoie.
Les musulmans affirment que la nature est une créature d’Allah, asservie et régie ; elle constitue Sa loi dans la création, la voie qu’Il a tracée pour elle. Pourtant, Il intervient en elle comme Il veut, quand Il veut : Il peut lui retirer tout effet lorsqu’Il le souhaite, ou inverser ses effets si telle est Sa volonté, afin de montrer à Ses serviteurs qu’Il est