Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

le Créateur, l’Initiateur, Celui qui façonne les formes, Seigneur des mondes, le Soutien des cieux et de la terre, Maître des levants et des couchants, Lui qui a parfait toute chose qu’Il a créée et achevé, dans la plus grande maîtrise, tout ce qu’Il a façonné.
Pourquoi donc as-tu renié Ses Noms et Ses attributs – voire Son être même – et attribué Son œuvre à un autre, Sa création à quelqu’un d’autre, alors que tu es, bon gré mal gré, contraint de reconnaître que l’invention, la création, la seigneurie et la gouvernance Lui appartiennent, inéluctablement ? Louange donc à Allah, Seigneur de l’univers.
Or, si tu réfléchissais au mot même de « nature » et au sens qu’il porte, son énoncé te guiderait vers le Créateur et Artisan suprême tout comme son contenu y conduit la raison (1). Le terme « ṭabîʿa » appartient en effet au schème faʿîla, pris au sens de mafʿûla : il signifie « imprimée », et n’admet – absolument (2) – aucune autre acception. Il suit la même formation morphologique que les dispositions innées déposées dans le corps, telles que la sajiyya (disposition naturelle), la gharîza (instinct), la nahîza (tempérament) (3), la salîqa (aptitude innée) ou, plus généralement, la nature ; c’est ce qui est inscrit dans l’animal et gravé en lui.
Il est par ailleurs évident qu’il ne saurait exister de nature sans celui qui l’imprime ; le mot « nature » renvoie donc, par lui-même, au Créateur exalté, tout comme son sens y renvoie.
Les musulmans affirment que la nature est une créature d’Allah, asservie et régie ; elle constitue Sa loi dans la création, la voie qu’Il a tracée pour elle. Pourtant, Il intervient en elle comme Il veut, quand Il veut : Il peut lui retirer tout effet lorsqu’Il le souhaite, ou inverser ses effets si telle est Sa volonté, afin de montrer à Ses serviteurs qu’Il est

(1) Passage mal fixé dans les manuscrits : D lit «al-maʿqûl ʿalayhi li-maʿnâhâ» ; Q et T «al-ʿuqûl ʿalayhi li-maʿnâhâ» ; H et N «wa-maʿnâ hâdhihi al-lafẓa ʿalâ al-Khâliq al-Bârî (le Créateur, le Formateur) wa-lafẓuhâ kamâ dalla al-maʿqûl ʿalayhi li-maʿnâhâ», avec, dans N, la variante «… kamâ dalla al-maʿqûl ʿalayhi hâdhihi al-lafẓa li-maʿnâhâ». (2) T lit «dhâlika», tandis que N et H portent «hâdhihi». (3) Les mss. donnent par erreur «wa-l-bahîra» ; le mot est omis dans D.
الخالقُ الباراءُ المصوِّرُ ربُّ العالمين، وقيُّومُ السَّموات والأرضين وربُّ المشارق والمغارب الذي أحسنَ كلَّ شيءٍ خَلَقه، وأتقنَ ما صنع. فما لك جحدتَ أسماءَه وصفاته، بل وذاتَه، وأضفتَ صُنْعَه إلى غيره وخلقَه إلى سواه، مع أنك مضطرٌّ إلى الإقرار به وإضافة الإبداع والخلق والرُّبوبيَّة والتَّدبير إليه ولا بُدَّ؟! فالحمدُ لله ربِّ العالمين. على أنك لو تأمَّلتَ قولك: «طبيعة» ومعنى هذه اللفظة، لدلَّك على الخالق الباراء لفظُها كما دَلَّ العقولَ عليه معناها (١)؛ لأنَّ «طبيعة» فَعِيلة بمعنى مفعولة، أي: مطبوعة، ولا يحتَملُ غيرُ هذا (٢) البتَّة؛ لأنها على بناء الغرائز التي رُكِّبت في الجسم ووُضِعَت فيه، كالسَّجِيَّة والغريزة والنَّحِيزة (٣) والسَّليقة والطَّبيعة؛ فهي التي طُبِع عليها الحيوانُ وطُبِعَت فيه. ومعلومٌ أنَّ طبيعةً مِنْ غير طابعٍ لها محال؛ فقد دلَّ لفظُ الطَّبيعة على الباري تعالى كما دلَّ معناها عليه. والمسلمون يقولون: إنَّ الطَّبيعة خلقٌ مِنْ خَلْق الله مسخَّرٌ مربوب، وهي سنَّته في خليقته التي أجراها عليها، ثمَّ إنه يتصرَّفُ فيها كيف شاء وكما شاء، فيسلُبها تأثيرَها إذا أراد، ويقلبُ تأثيرَها إلى ضدِّه إذا شاء؛ ليُرِيَ عبادَه أنه
(١) هذا الموضع غير محرَّر في الأصول كما ينبغي. (د): «المعقول عليه لمعناها». (ق، ت): «العقول عليه لمعناها». (ح، ن): «ومعنى هذه اللفظة على الخالق الباراء ولفظها كما دل المعقول عليه لمعناها»، إلا أن في (ن): « ... كما دل المعقول عليه هذه اللفظة لمعناها». (٢) (ت): «ذلك». (ن، ح): «هذه». (٣) تحرَّفت في الأصول إلى: «والبحيرة»، وأهملت في (د).

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