Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

que l’on puisse admettre pareille idée, sinon au prix d’entrer dans la cohorte des fous et des délirants (1) ?

Puis dis-lui encore : À supposer même que ta prétention soit fondée, il est clair qu’une telle « nature » ne s’est ni créée ni produite elle-même. Qui donc est son Seigneur, son Artisan, son Créateur ? Qui lui a donné cette disposition et l’a rendue capable d’agir ainsi ?

Elle se révèle donc l’un des signes les plus éclatants (2) de Celui qui l’a façonnée et tirée du néant, de la perfection de Sa puissance, de Sa science et de Sa sagesse. Ton refus du Seigneur de l’univers et la négation de Ses attributs et de Ses actes ne t’auront valu, en définitive, que de contredire les exigences de la raison et de la disposition primordiale (3).

Et si nous te jugions d’après la « nature » même, nous te montrerions que tu t’opposes à ce qu’elle impose : tu n’es conforme ni aux exigences de la raison, ni à la fitra, ni à la nature, ni même à l’humanité tout court ; quelle ignorance et quel égarement que cela !

Si, en revanche, tu reviens à la raison et déclares : « Il n’est point de sagesse sans un Sage, Puissant et Savant ; nul gouvernement parfait et harmonieux sans un Artisan capable, libre de Son choix, qui administre l’univers, connaissant ce qu’Il veut (4) et pouvant le réaliser, rien ne L’incapacite, rien ne Lui est difficile ni pesant »,

on te dira alors : Te voilà – hélas pour toi ! – qui reconnais le Très-Grand Créateur, en dehors duquel il n’y a point de divinité ni de Seigneur. Renonce donc à L’appeler « nature », « intellect actif » ou « principe nécessaire par soi » ; dis plutôt : « C’est Allah. »

(1) birsam : affection provoquant des délires ; terme d’origine persane arabisé. Cf. al-Muarrab d’al-Jawaliqi, p. 93 ; Qasd as-sabil, t. 1, p. 270. (2) Les manuscrits Q, D et T portent : « min adall ad-dalil » (« l’une des preuves les plus manifestes »). (3) Les manuscrits H et N portent : « mukhalafatuka al-aql wa-l-fitra » (« ta contradiction avec la raison et la nature innée »). (4) Variante : T lit « yudabbirahu », N lit « yudabbir ».
بمثل هذا إلا دخولٌ في سِلْك المجانين والمُبَرسَمين (١). ثمَّ قل لها بعدُ: ولو ثبت لكِ ما ادَّعيت فمعلومٌ أنَّ مثل هذه الصِّفة ليست بخالقةٍ لنفسها ولا مبدعةٍ لذاتها، فمن ربُّها ومبدعُها وخالقُها؟! ومن طبَّعها وجعلها تفعلُ ذلك؟! فهي إذن مِنْ أدلِّ الدَّلائل (٢) على بارئها وفاطرها، وكمال قدرته وعلمه وحكمته، فلم يُجْدِ عليك تعطيلُك ربَّ العالم وجحدُك لصفاته وأفعاله إلا مخالفتك لموجَب العقل والفطرة (٣). ولو حاكمناك إلى الطَّبيعة لأريناك أنك خارجٌ عن مُوجَبها، فلا أنت مع مُوجَب العقل، ولا الفطرة، ولا الطبيعة، ولا الإنسانيَّة أصلًا، وكفى بذلك جهلًا وضلالًا. فإن رجعتَ إلى العقل، وقلتَ: لا يوجدُ حكمةٌ إلا من حكيمٍ قادرٍ عليم، ولا تدبيرٌ متقنٌ محكَمٌ إلا من صانعٍ قادرٍ مختارٍ مدبِّر، عليمٍ بما يريد (٤)، قادرٍ عليه، لا يُعْجِزُه ولا يَصْعُبُ عليه ولا يؤودُه. قيل لك: فقد أقررتَ ــ ويحكَ ــ بالخلَّاق العظيم الذي لا إله غيره ولا ربَّ سواه، فدَع تسميتَه طبيعةً أو عقلًا فعَّالًا أو مُوجِبًا بذاته، وقل: هذا هو الله
(١) البِرْسام (بكسر الباء وفتحها): علَّة يهذى فيها. فارسية معرَّبة. انظر: «المعرب» للجواليقي (٩٣)، و «قصد السبيل» (١/ ٢٧٠). (٢) (ق، د، ت): «من أدل الدليل». (٣) (ح، ن): «مخالفتك العقل والفطرة». (٤) (ت): «يدبره». (ن): «يدبر».

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