Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Réfléchis donc au trajet de l’aliment lorsqu’il parvient à l’estomac, puis à la façon dont il se répand dans tout le corps : une fois installé, l’estomac se resserre sur lui, le cuit et en affine la préparation, puis l’expédie vers le foie au moyen de minuscules canaux. Entre le foie et ces conduits a été disposée une membrane (1) semblable à un tamis très étroit aux mailles serrées (2) qui opère un premier filtrage ; ainsi, rien de trop épais ni de trop rêche n’atteint le foie au risque de l’irriter, car le foie est délicat et ne supporte pas ce qui est grossier (3).

Lorsque le foie l’a reçu, il l’envoie à l’ensemble de l’organisme par des vaisseaux préparés à cet effet, pareils aux rigoles creusées pour que l’eau irrigue uniformément la terre ; il dirige ensuite les déchets et surplus vers des puisards (4) et des exutoires aménagés pour eux : la bile jaune est acheminée vers la vésicule biliaire, la bile noire vers la rate, et l’humidité aqueuse vers la vessie.

Qui donc a pris tout cela en charge, l’a perfectionné, ordonné, mesuré et réglé de la plus belle façon ?

Pourtant je te vois déjà, pauvre âme, objecter : « Tout cela relève de la nature, et la nature recèle merveilles et secrets. »

Si Allah voulait te guider, tu te questionnerais toi-même et dirais : « Explique-moi donc cette… »

(1) (N) : « fine membrane ». (2) Pluriel : bakhash, « trou, orifice » ; terme populaire d’origine syro-araméenne. Voir : Ḥayât al-ḥayawân, t. 1, p. 650 ; al-Barâhîn al-ḥissiyya ‘alâ taqâruḍ al-suryâniyya wa-l-‘arabiyya, Ignace Ya‘qûb, p. 65. Graphie altérée dans les témoins (T, H). Le mot réapparaît p. 765. (3) (R, Ḍ) : « ne supporte pas la violence ». (4) Endroits où l’eau « s’égoutte », c’est-à-dire s’enfonce dans le sol et disparaît ; al-Muʿjam al-wasîṭ, s.v. ghâḍa. Lecture (Q) : « maqâyḍ » ; certaines copies de (Ḍ) lisent « mafâ’iḍ ».
فتأمَّل حال الطَّعام في وصوله إلى المعدة، وكيف يَسْري منها في البدن؛ فإنه إذا استقرَّ فيها اشتملت عليه وانضمَّت، فتطبخُه وتجيدُ صَنْعتَه، ثمَّ تبعثُه إلى الكبد في مجارٍ دِقاق، وقد جُعِل بين الكبد وبين تلك المجاري غشاءٌ (١) كالمِصْفاة الضيِّقة الأبخَاش (٢) تصفِّيه، فلا يصلُ إلى الكبد منه شيءٌ غليظٌ خَشِنٌ فينكؤها؛ لأنَّ الكبد رقيقةٌ لا تحملُ الغليظ (٣). فإذا قَبِلتْه الكبدُ أنفَذتْه إلى البدن كلِّه في مجارٍ مهيَّأةٍ له بمنزلة المجاري المعدَّة للماء ليسلُك في الأرض فيعُمَّها بالسَّقي، ثمَّ يبعثُ ما بقي من الخَبث والفُضول إلى مغَايِض (٤) ومصارف قد أُعِدَّت لها، فما كان مِنْ مِرَّةٍ صفراء بعثَت به إلى المَرارة، وما كان مِنْ مِرَّةٍ سوداء بعثَت به إلى الطُّحال، وما كان من الرُّطوبةِ المائية بعثَت به إلى المَثانة. فمن ذا الذي تولى ذلك كلَّه وأحكمَه ودبَّره وقدَّره فأحسَن تقديرَه؟! وكأني بك أيها المسكينُ تقول: هذا كلُّه مِنْ فعل الطَّبيعة، وفي الطبيعة عجائبُ وأسرار. فلو أراد الله أن يهديَك لسألتَ نفسك بنفسك، وقلتَ: أخبريني عن هذه
(١) (ن): «غشاء رقيق». (٢) جمع: بخش، بمعنى الثُّقب والمنفذ. وهي عامية سريانية الأصل. انظر: «حياة الحيوان» (١/ ٦٥٠)، و «البراهين الحسية على تقارض السريانية والعربية» لأغناطيوس يعقوب (٦٥). وتحرفت في (ت، ح). وستأتي (ص: ٧٦٥). (٣) (ر، ض): «لا تحتمل العنف». (٤) المواضع التي يغيض فيها الماء، أي: ينزل في الأرض ويغيب فيها. «المعجم الوسيط» (غاض). (ق): «مقايض». وفي بعض نسخ (ض): «مفائض».

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