Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

à le faire mûrir, à le cuire et à le préparer de l’extérieur (1), jusqu’à t’imaginer qu’il est désormais parfait et qu’il n’a plus besoin d’aucune autre cuisson ni maturation. Or, à l’intérieur, son véritable cuisinier et mûrisseur s’emploie à cette cuisson comme tu ne saurais le concevoir ni même l’accomplir ; il allume en toi des feux qui feraient fondre le gravier (2) et ce que le feu ordinaire ne saurait dissoudre. Ces feux sont logés dans la partie la plus délicate de ton être : ils ne te brûlent ni ne s’embrasent contre toi, et pourtant ils sont plus ardents que le feu même. Sans eux, qu’est-ce qui liquéfierait ces aliments extrêmement épais et durs (3) jusqu’à les transformer en eau fluide ?

Il a ensuite assigné au foie la tâche de filtrer et de retenir la part la plus pure et la plus subtile de la nourriture, puis Il a disposé à partir de celui-ci des canaux et des voies par lesquels la nutrition est conduite vers chaque membre, chaque os, nerf, chair, poil et ongle.

Il a créé des ouvertures et des portes pour faire entrer ce qui t’est profitable et expulser ce qui te nuit.

Il a façonné divers réceptacles comme autant de réserves destinées à conserver la substance même de ta vie : celle-ci est le grenier de la nourriture, celle-là la réserve de la chaleur, celles-ci sont les réservoirs du sang (4). Et, pour qu’ils ne se mêlent pas à ces autres réserves, Il a établi des réservoirs excrétoires (5) : un pour la bile noire, un pour la bile jaune, un pour l’urine et un pour le sperme.

(1) L’expression « min kharij » (de l’extérieur) est absente des manuscrits H et N. (2) Le manuscrit T lit : « tudhîbuhu wa tudhîbu al-ḥasâ » (elle le dissout et dissout les calculs). (3) L’adverbe « jiddan » (très) ne figure pas dans les manuscrits Q et T. (4) Le manuscrit N propose : « khizânat li-l-dam » (réservoir de sang). (5) C’est la leçon retenue par les copies de base, mais il se peut qu’il faille lire « muʾaddiyyât » (qui achemine), c’est-à-dire qui conduit le sang vers d’autres parties ; la phrase serait alors incidente. Le terme pourrait aussi être corrompu, comme l’a signalé notre maître al-Islâḥî.
إنضاجَه وطبخَه وإصلاحَه مِنْ خارجٍ (١) حتى تظنَّ أنه قد كَمُل، وأنه قد استغنى عن طبخٍ آخرَ وإنضاجٍ آخر، وطبَّاخُه الدَّاخلُ ومُنْضِجُه يعاني من نضجه وطبخه ما لا تهتدي أنت إليه ولا تقدرُ عليه؛ فهو يوقدُ عليه نيرانًا تذيبُ الحصى (٢) وتذيبُ ما لا تذيبُه النَّار، وهي في ألطف موضعٍ منك، لا تحرقُك ولا تلتهبُ عليك، وهي أشدُّ حرارةً من النَّار، وإلا فما يذيبُ هذه الأطعمة الغليظة الشديدة جدًّا (٣) حتى يجعلها ماءً ذائبًا؟! وجَعَل الكبد للتَّخليص وأخذِ صَفْو الغذاء وألطفه، ثمَّ رتَّب منها مجاري وطُرقًا يَسُوقُ بها الغذاء إلى كلِّ عضوٍ وعظمٍ وعَصَبٍ ولحمٍ وشَعرٍ وظُفر. وجَعَل المنافذَ والأبوابَ لإدخال ما ينفعُك وإخراج ما يضرُّك. وجَعَل الأوعيةَ المختلفةَ خزائنَ تحفظُ مادَّة حياتك؛ فهذه خزانةٌ للطَّعام، وهذه خزانةٌ للحرارة، وهذه خزائنُ للدَّم (٤)، وجَعَل منها خزائن مؤديات (٥) لئلَّا تختلط بالخزائن الأُخر، فجعل خزانةً للمِرَّة السَّوداء، وأخرى للمِرَّة الصَّفراء، وأخرى للبول، وأخرى للمنيِّ.
(١) «من خارج» ليست في (ح، ن). (٢) (ت): «تذيبه وتذيب الحصى». (٣) «جدًّا» ليست في (ق، ت). (٤) (ن): «خزانة للدم». (٥) كذا في الأصول. ولعلَّها: «مؤدِّيات»، أي: تؤدِّي الدم إلى جهاتٍ أخرى. والجملة معترضة. وقد تكون الكلمة محرفة. أفاده شيخنا الإصلاحي.

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