à le faire mûrir, à le cuire et à le préparer de l’extérieur (1), jusqu’à t’imaginer qu’il est désormais parfait et qu’il n’a plus besoin d’aucune autre cuisson ni maturation. Or, à l’intérieur, son véritable cuisinier et mûrisseur s’emploie à cette cuisson comme tu ne saurais le concevoir ni même l’accomplir ; il allume en toi des feux qui feraient fondre le gravier (2) et ce que le feu ordinaire ne saurait dissoudre. Ces feux sont logés dans la partie la plus délicate de ton être : ils ne te brûlent ni ne s’embrasent contre toi, et pourtant ils sont plus ardents que le feu même. Sans eux, qu’est-ce qui liquéfierait ces aliments extrêmement épais et durs (3) jusqu’à les transformer en eau fluide ?
Il a ensuite assigné au foie la tâche de filtrer et de retenir la part la plus pure et la plus subtile de la nourriture, puis Il a disposé à partir de celui-ci des canaux et des voies par lesquels la nutrition est conduite vers chaque membre, chaque os, nerf, chair, poil et ongle.
Il a créé des ouvertures et des portes pour faire entrer ce qui t’est profitable et expulser ce qui te nuit.
Il a façonné divers réceptacles comme autant de réserves destinées à conserver la substance même de ta vie : celle-ci est le grenier de la nourriture, celle-là la réserve de la chaleur, celles-ci sont les réservoirs du sang (4). Et, pour qu’ils ne se mêlent pas à ces autres réserves, Il a établi des réservoirs excrétoires (5) : un pour la bile noire, un pour la bile jaune, un pour l’urine et un pour le sperme.