Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de l’utérus, à la manière de celui qui tend la main (1) pour remettre un objet à autrui, car il doit déposer sa semence au plus profond de la matrice.

Quant à la femme, il lui a été assigné un réceptacle creux ; en effet, elle doit recevoir la semence de l’homme, la retenir et l’envelopper ; c’est pourquoi elle a reçu l’organe qui lui convient.

Puis, comme la semence masculine descend des différentes parties du corps sous une forme fluide et faible, impropre à la formation de l’enfant, l’homme a été doté des deux testicules, véritables récipients où cette semence est « cuisinée » et portée à complète maturation ; elle s’épaissit (2), se coagule et devient apte à servir de point de départ à la création. La femme, elle, n’avait pas besoin d’un tel dispositif : la finesse et la délicatesse de son fluide, lorsqu’elles se mêlent à la densité et à la vigueur de celui de l’homme, se renforcent et se consolident grâce à lui. Si les deux fluides avaient été tous deux ténus et faibles, aucun enfant ne pourrait en naître.

L’homme a donc reçu l’instrument de maturation et de « cuisson » pour plusieurs raisons :

  1. Sa chaleur naturelle est plus forte, tandis que la femme est plus froide ; si elle possédait cet instrument, la cuisson et la maturation du fluide ne s’y accompliraient pas parfaitement.
  2. Sa semence ne quitte pas son emplacement ; elle descend simplement de ses clavicules vers son lieu d’accueil, contrairement à celle de l’homme. Si la femme possédait donc cet instrument, il lui faudrait encore un autre appareil pour acheminer la semence jusqu’à son endroit.
  3. Enfin, parce qu’elle constitue le lieu même de l’union charnelle, on lui a donné l’organe qui convient à cette fonction ; si elle avait reçu l’organe masculin, elle n’en éprouverait ni plaisir ni jouissance (3), et cet organe
(1) Les manuscrits Qâf et Nûn lisent « ses deux mains », tandis que le manuscrit Dâl propose « son corps ». (2) Les manuscrits Ḥâ et Nûn portent « liyaʾshtadda » (« afin qu’il se fortifie »). (3) Le mot « biha » est absent des manuscrits Nûn et Ḥâ.
الرَّحِم، بمنزلة من يناولُ غيرَه شيئًا فهو يَمُدُّ يدَه (١) إليه حتى يُوصِله إياه، ولأنه يحتاجُ إلى أن يقذفَ ماءه في قَعْر الرَّحِم. وأمَّا الأنثى فجُعِل لها وعاءٌ مجوَّف؛ لأنها تحتاجُ إلى أن تقبل ماءَ الرجل وتمسكه وتشتمل عليه؛ فأُعطِيَت آلةً تليقُ بها. ثمَّ لما كان ماءُ الرجل ينحدرُ من أجزاء الجسد رقيقًا ضعيفًا لا يُخلقُ منه الولد، جُعِل له الأُنثَيان وعاءً يُطبخُ فيهما، ويُحْكَمُ إنضاجُه؛ فيشتدُّ (٢) وينعقدُ ويصيرُ قابلًا لأن يكون مبدأً للتَّخليق، ولم تحتَجْ المرأةُ إلى ذلك؛ لأنَّ رقَّة مائها ولطافتَه إذا مازجَ غِلَظ ماء الرجل وشدَّتَه قَوِيَ به واستحكم، ولو كان الماآن رقيقَيْن ضعيفَيْن لم يتكوَّن الولدُ منهما. وخُصَّ الرجلُ بآلة النُّضج والطَّبخ لحِكَم: منها: أنَّ حرارته أقوى، والأنثى باردة، فلو أُعطِيَت تلك الآلةَ لم يَسْتَحْكِم طبخُ الماء وإنضاجُه فيها. ومنها: أنَّ ماءها لا يخرجُ عن محلِّه، بل ينزلُ من بين ترائبها إلى محلِّه، بخلاف ماء الرجل، فلو أُعطِيَت المرأةُ تلك الآلة لكانت تحتاجُ إلى آلةٍ أخرى يوصَلُ بها الماءُ إلى محلِّه. ومنها: أنها لمَّا كانت محلًّا للجماع أُعطِيَت من الآلة ما يليقُ بها، فلو أُعطِيَت آلةَ الرجل لم تحصُل لها اللذَّةُ والاستمتاع بها (٣)، ولكانت تلك
(١) (ق، ن): «يديه». (د): «بدنه». (٢) (ح، ن): «ليشتد». (٣) «بها» ليست في (ن، ح).

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