Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

D’après Anas (1), le Prophète ﷺ a dit : « Allah a confié à l’utérus un ange qui s’écrie : “Seigneur, une nutfah (2) ! Seigneur, une ‘alaqah ! Seigneur, une muḍghah !” Puis, lorsque Dieu veut la façonner, l’ange demande : “Seigneur, sera-t-il mâle ou femelle ? Seigneur, sera-t-il voué au malheur ou au bonheur ? Quelle sera sa subsistance ? Quel sera son terme ?” — et tout cela est inscrit alors qu’il est encore dans le ventre de sa mère. »

Ne vois-tu pas comment le hadith rattache le fait de naître garçon ou fille à la seule volonté divine, en l’associant à des données sur lesquelles la nature n’a aucune prise ?

N’observes-tu pas qu’ʿAbd Allah b. Salâm n’a interrogé le Prophète que sur la ressemblance, question à laquelle il était possible de répondre, et qu’il ne lui a pas demandé pourquoi l’on naît mâle ou femelle, bien que cela soit plus important que la simple ressemblance ? Allah est plus savant.

Et si le Messager d’Allah ﷺ l’a réellement dit, c’est la vérité pure.

En tout état de cause, ce texte réduit à néant la prétention de certains naturalistes qui croient connaître les causes déterminant la masculinité ou la féminité ; Allah est plus savant.

Section (3)

Considère maintenant comment les organes de l’accouplement, chez l’homme comme chez la femme, ont été façonnés conformément à la sagesse.

Ainsi, le mâle a reçu un organe saillant (4) qui se prolonge afin d’acheminer la semence jusqu’au fond

(1) Les manuscrits donnent « d’après son père », lecture fautive ; la leçon correcte, confirmée par les deux Ṣaḥīḥ, est rétablie ici. (2) Autrement dit : « une goutte de sperme est tombée dans l’utérus ». Une autre version, à l’accusatif, se lit : « Tu as créé, ô Seigneur, une goutte ». Voir Fatḥ al-Bārī, vol. 1, p. 498. (3) Dalâ’il wa-l-i‘tibâr, p. 45 ; Tawḥîd al-Mufaddal, p. 17-18. (4) Les témoins D, Q, H, T et N lisent « nashira » (consonne non pointée), c’est-à-dire « déployée, étendue ». Les deux graphies sont possibles, mais celle retenue paraît préférable. Cf. p. 772.
أنس (١)، عن النبيِّ ﷺ قال: «إنَّ الله وكَّل بالرَّحم ملَكًا، فيقول: يا ربِّ نطفة (٢)، يا ربِّ علقة، يا ربِّ مضغة، فإذا أراد أن يخلقها قال: يا ربِّ أذكرٌ أم أنثى؟ يا ربِّ شقيٌّ أم سعيد؟ فما الرزق؟ فما الأجل؟ فيُكتَبُ كذلك في بطن أمِّه». أفلا تراهُ كيف أحال بالإذكار والإيناث على مجرَّد المشيئة، وقَرَنه بما لا تأثير للطَّبيعة فيه مدخل؟! أوَلا ترى عبد الله بن سلامٍ لم يسأل إلا عن الشَّبه الذي يمكنُ الجوابُ عنه، ولم يسأل عن الإذكار والإيناث، مع أنه أبلغُ من الشَّبه؟! والله أعلم. وإن كان رسولُ الله ﷺ قد قاله فهو عينُ الحقِّ. وعلى كلِّ تقديرٍ فهو يُبْطِلُ ما زعمه بعض الطَّبائعيِّين من معرفة أسباب الإذكار والإيناث، والله أعلم. فصل (٣) فانظُر كيف جُعِلت آلاتُ الجماع في الذَّكر والأنثى جميعًا على وَفْق الحكمة. فجُعِلت في حقِّ الذَّكر آلةٌ ناشِزَة (٤) تمتدُّ حتى تُوصِل المنيَّ إلى قَعْر
(١) في الأصول: «عن أبيه». وهو تحريف. والتصويب من الصحيحين. (٢) أي: وَقَعَت في الرحم نطفةٌ. وفي رواية بالنصب، أي: خلقتَ يا رب نطفةً. «فتح الباري» (١/ ٤٩٨). (٣) «الدلائل والاعتبار» (٤٥)، «توحيد المفضل» (١٧ ــ ١٨). (٤) (ض، ق، ح، ت، ن): «ناشرة»، بالمهملة، أي: منشورة مبسوطة. والوجهان محتملان، والمثبت أقرب. وانظر ما سيأتي (ص: ٧٧٢).

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