ni de repousser l’adversité (1) ?!
Qui donc a fait affluer jusqu’à toi, depuis le sang maternel, une sève qui te nourrit comme l’eau nourrit la plante, a transformé ce sang en lait et n’a cessé de t’alimenter par ce lait dans ce lieu des plus exigus, où toute forme de gain et de quête était impossible ?!
Puis, lorsque ta constitution fut parachevée (2) et solidement établie, lorsque ta peau fut devenue assez ferme pour affronter l’air, ta vue suffisamment forte pour soutenir la lumière, et tes os assez robustes pour supporter le contact des mains et les mouvements sur la poussière, les contractions de l’accouchement saisirent ta mère : elles t’arrachèrent au-dedans avec force, te projetant dans le monde de l’épreuve. Le sein maternel te repoussa d’un heurt, comme s’il ne t’avait jamais porté (3) ni enveloppé !
Que d’écart entre l’accueil et l’enveloppement dont tu jouissais quand tu fus déposée en simple goutte et cette poussée, ce rejet, cette expulsion ! Celui qui se réjouissait de te porter implore maintenant, gémit auprès de ton Seigneur, éprouvé par ton poids.
Qui donc a ouvert pour toi cette porte afin que tu y entres, l’a refermée sur toi pour que tu sois protégé et parfait, puis l’a rouverte et élargie pour que tu en sortes en un clin d’œil, sans que son étroitesse ne t’étouffe (4) ni que la rudesse du passage ne te retienne ?!
Si tu méditais sur ton entrée par cette porte et sur ta sortie, il te ferait perdre toute contenance