parce que leur intelligence était déficiente (1) et que les simples vestiges de la Loi léguée par le prophète précédent ne leur suffisaient pas.
Lorsque, enfin, le tour (2) revint à Muḥammad ibn ʿAbd Allâh, l’Envoyé et Prophète de Dieu — paix et bénédictions sur lui —, Il l’envoya auprès de la nation la plus accomplie par l’intelligence et le savoir, la plus saine d’esprit et la plus riche en sciences ; Il le chargea de la législation la plus parfaite qu’ait connue la terre depuis l’aube du monde jusqu’à sa mission. Ainsi Dieu dispensa la communauté, par la perfection de son Messager, la perfection de sa Loi, la maturité de son intelligence et la rectitude de son jugement, de tout messager qui viendrait après lui. Il suscita néanmoins, au sein même de cette communauté, des héritiers pour préserver sa Loi ; Il les y établit afin qu’ils la transmettent à leurs semblables et l’enracinent dans le cœur de leurs pairs. Dès lors, elle n’eut besoin ni d’un autre messager, ni d’un autre prophète, ni même d’un muḥaddath.
C’est pourquoi il a dit — paix et bénédictions sur lui : « Parmi les communautés qui vous ont précédés, il y avait des muḥaddathûn (3) ; s’il devait s’en trouver un dans ma communauté, ce serait ʿUmar » (4). Il affirme ainsi l’existence des muḥaddathûn dans les nations antérieures, tout en conditionnant leur présence dans sa propre communauté. Ce fait n’amoindrit en rien sa communauté par rapport aux précédentes ; il atteste au contraire de sa supériorité, car, grâce à sa perfection, à la perfection de son Prophète et de sa Loi, elle n’a pas besoin d’un muḥaddath. Si un tel homme existe, il ne fera que confirmer et appuyer, sans jamais constituer la référence principale, puisque cette communauté se suffit à elle-même avec ce que Dieu a révélé à son Prophète ; elle n’a que faire de songes, d’illuminations, d’inspirations ou de révélations intérieures. Quant aux communautés qui l’ont précédée, c’est justement parce qu’elles en avaient besoin (5) que des muḥaddathûn (6) leur furent accordés.