leurs rois et leurs gouverneurs ; et si la ruse et la tromperie apparaissent chez eux, leurs gouverneurs (1) seront tout aussi rusés et trompeurs. S’ils refusent d’acquitter les droits d’Allah et s’en montrent avares, leurs rois et leurs gouverneurs leur refuseront, eux aussi, ce qui leur revient de droit et se montreront avares envers eux. S’ils exigent, dans leurs transactions, de ceux qu’ils dominent ce qu’ils ne méritent pas, les rois leur prendront à leur tour ce qu’ils ne méritent pas et leur imposeront taxes et redevances (2). Tout ce qu’ils extorquent au faible, les rois l’extorqueront d’eux par la force ; ainsi, leurs œuvres se sont matérialisées dans la personne de leurs administrateurs. Dans la sagesse divine, il n’est pas concevable que des pervers et des débauchés soient gouvernés par un autre que quelqu’un de leur espèce (3).
Or, comme la première génération – la meilleure et la plus vertueuse de toutes – était d’élite, leurs gouverneurs l’étaient pareillement. Lorsque cette génération se mêla de personnes d’un autre acabit, on lui assigna des gouverneurs à son image. La sagesse d’Allah refuse donc qu’en notre époque soient placés à notre tête des hommes tels que Muʿâwiya ou ʿUmar b. ʿAbd al-ʿAzîz, a fortiori des hommes tels que Abû Bakr ou ʿUmar. Nos gouvernants sont à notre mesure, comme ceux des générations précédentes étaient à la leur. Les deux situations procèdent également de la sagesse et en sont l’exigence. Quiconque est doté de finesse d’esprit et voyage par la pensée dans ce domaine verra la sagesse divine à l’œuvre (5) dans le décret et la prédestination, au grand jour comme dans le secret, tout comme elle se manifeste dans la création et l’ordre.
Garde-toi donc de croire, sur la base de ton mauvais soupçon, qu’aucun de Ses jugements ou décrets puisse être dépourvu d’une sagesse parfaite ; bien au contraire, tous les jugements et décrets du Très-Haut s’accomplissent selon les formes les plus accomplies de la sagesse.