Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

On rapporte qu’un propriétaire de bétail avait coutume de couper le lait (1) et de le vendre comme s’il était pur. Allah dépêcha alors un torrent qui emporta tout le troupeau, et l’homme s’en étonnait fort. Durant son sommeil, on lui dit : « T’étonnes-tu que la crue ait balayé tes moutons ? (2) Ce sont précisément les gouttes d’eau dont tu as mêlé (3) le lait ; elles se sont assemblées et sont devenues torrent (4). »

Tire donc de cette anecdote la mesure de ce que tu remarques en toi-même comme chez autrui ; tu sauras alors qu’Allah fait régner l’équité, qu’Il tient chaque âme responsable de ce qu’elle a acquis et qu’Il ne lèse pas même du poids d’un atome.

Le récit issu de la tradition israélite est, lui aussi, bien connu : un homme coupait le vin et le vendait pour du pur. Il en amassa un sac d’or, puis prit la mer en compagnie de son singe. Tandis qu’il dormait, le singe s’empara du sac, grimpa au sommet du navire, l’ouvrit et se mit à jeter un dinar dans la mer puis un dinar sur le pont (5), comme si, par le seul langage des faits (6), il lui était dit : « Le prix

(1) Les manuscrits H et N portent : « yashibu al-laban » (« le lait blanchit »). (2) Le manuscrit H lit : « innamā hiyā » (« ce n’est que… »), tandis que N a simplement : « inna ». (3) Les manuscrits Q et D lisent : « shayb » ; H propose : « allatī kunta tushayyib » (« celle par laquelle tu faisais blanchir »). (4) Cf. : al-Mudhish, t. 1, p. 389. (5) Rapporté par Ahmad (2/306, 336, 407), al-Harith b. Abi Usama (n° 425, Bughyat al-bahith), et d’autres, d’après Abu Hurayra, avec une chaîne apparemment bonne ; al-Bayhaqi le reprend toutefois dans Shuab al-iman (n° 4924) par une voie entachée de faiblesse. – Le hadith est également transmis par d’autres chaînes chez al-Tabarani (al-Awsat, n° 7585), Ibn Adi (al-Kamil, 3/253), al-Bayhaqi (Shuab, 9/500), etc. – Une version d’après Anas figure chez al-Khatib, Tarikh Baghdad (12/106), avec une chaîne très faible, l’auteur signalant lui-même l’erreur. – Voir encore les annotations des vérificateurs du Musnad (13/420, éd. al-Risala). (6) Le manuscrit Q lit : « ka-annahu yaqûlu lahu » (« comme s’il lui disait… »).
ويحكى أنَّ بعض أصحاب الماشية كان يشوبُ اللبنَ (١) ويبيعُه على أنه خالص، فأرسل الله عليه سيلًا فذهبَ بالغنم، فجعل يعجَب، فأُتي في منامه فقيل له: أتعجبُ مِنْ أخذِ السَّيل غنمَك؟! إنه (٢) تلك القطراتُ التي شُبْتَ (٣) بها اللَّبن، اجتمعَت وصارت سيلًا (٤). فقِسْ على هذه الحكاية ما تراه في نفسك وفي غيرك، تعلَمْ حينئذٍ أنَّ الله قائمٌ بالقسط، وأنه قائمٌ على كلِّ نفسٍ بما كسبت، وأنه لا يظلمُ مثقال ذرَّة. والأثر الإسرائيليُّ معروف: أنَّ رجلًا كان يشوبُ الخمرَ ويبيعُه على أنه خالص، فجَمعَ من ذلك كيسَ ذهبٍ وسافر به، فركبَ البحر ومعه قِرْدٌ له، فلمَّا نام أخذ القردُ الكيسَ وصعد به إلى أعلى المركب، ثمَّ فتحه وجعل يلقي دينارًا في الماء ودينارًا في المركب (٥). كأنه يقالُ له (٦) بلسان الحال: ثمنُ
(١) (ح، ن): «يشيب اللبن». (٢) (ح): «إنما هي». (ن): «إن». (٣) (ق، د): «شيب». (ح): «التي كنت تشيب». (٤) انظر: «المدهش» (١/ ٣٨٩). (٥) أخرجه أحمد (٢/ ٣٠٦، ٣٣٦، ٤٠٧)، والحارث بن أبي أسامة (٤٢٥ ــ بغية الباحث)، وغيرهما من حديث أبي هريرة مرفوعًا بإسنادٍ ظاهره الحُسْن، إلا أن البيهقيَّ أخرجه في «شعب الإيمان» (٤٩٢٤) من وجهٍ يُعِلُّه. وروي من طرقٍ أخرى عند الطبراني في «الأوسط» (٧٥٨٥)، وابن عدي في «الكامل» (٣/ ٢٥٣)، والبيهقي في «الشعب» (٩/ ٥٠٠)، وغيرهم. وروي من حديث أنس. أخرجه الخطيب في «تاريخ بغداد» (١٢/ ١٠٦) بإسنادٍ ضعيفٍ جدًّا، ونبَّه على الوهم فيه. وانظر تعليق محققي «المسند» (١٣/ ٤٢٠) طبعة الرسالة. (٦) (ق): «كأنه يقول له».

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