Hélas ! Que de regrets, en songeant à cette droiture devant Allah et à cette préférence donnée à Son agrément en toute circonstance : grâce à elles, le faible (1) opprimé reçoit une assistance telle que celui qui l’avait humilié reconnaît qu’il est, auprès d’Allah et de Son Messager, plus digne que lui !
Pourtant, la sagesse du Puissant, du Sage, veut que l’oppresseur, le transgresseur, continue de se nourrir et de jouir (2) sous la garantie que constituent les péchés de l’opprimé dont il s’est pris pour cible ; ces fautes comptent, pour lui, parmi les plus grandes causes de miséricorde. Ainsi, lorsqu’une personne sollicitée repousse un mendiant, elle agit sous la garantie du mensonge de ce dernier ; si le mendiant disait vrai, celui qui l’éconduirait ne s’en trouverait pas bien (3). De même, le voleur et le brigand ne sévissent qu’en raison du refus des propriétaires de s’acquitter, sur leurs biens, des droits d’Allah ; s’ils s’en acquittaient, Allah les préserverait.
Voilà encore un vaste volet de la sagesse divine qui dévoile à l’observateur quelques secrets du décret (4), du fait que les créatures sont parfois lancées les unes contre les autres, et de la puissance accordée aux criminels et aux rebelles.
Gloire à Celui dont chaque chose manifeste une sagesse profonde et un signe éclatant ! Même les bêtes qui s’en prennent aux hommes – à leurs biens, à leurs ressources ou à leurs corps – ne vivent et n’agissent qu’en raison de ce que les mains des hommes ont acquis ; sans cela, aucune ne leur serait lâchée.
Peut-être ce chapitre fondé sur l’analogie (5) sera-t-il plus profitable, pour qui le médite, que bien des sections précédentes ; quiconque lui accorde l’attention et la réflexion qu’il mérite en tirera un bénéfice immense. Et Allah est Celui qui accorde la réussite.