Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

— l’une des armées d’Allah, frêle de constitution, d’une structure étonnante, qui réunit en elle la création de sept animaux (1). Lorsque tu vois ses légions s’avancer, tu découvres une troupe qu’aucune force ne peut arrêter ; ni effectifs ni équipements ne sauraient t’en protéger. Quand bien même un roi mobiliserait sa cavalerie, son infanterie, ses montures et ses armes pour la refouler hors de son royaume, il n’en viendrait pas à bout.

Regarde comment elle se répand sur la terre tel un torrent : elle couvre plaine et montagne, désert et cité, au point d’obscurcir la lumière du soleil par sa multitude, de voiler la face du ciel de ses ailes, et de s’élever dans l’atmosphère bien au-delà de ce qu’atteint l’oiseau le plus grand des ailes.

Interroge donc le muʿaṭṭil (celui qui nie les attributs divins) : qui a dépêché contre l’armée forte de sa puissance, de son nombre, de ses moyens et de ses stratagèmes cette troupe chétive, incapable de se défendre contre un animal qui tenterait de la happer de sa gueule (2)(3) ? Incapables de la repousser, ils la regardent s’emparer de leurs vivres, les déchiqueter de toutes parts, laissant la terre nue derrière elle, sans qu’ils puissent l’arrêter ni s’interposer entre elle et leurs récoltes !

C’est là une manifestation de Sa sagesse, exalté soit-Il : Il donne pouvoir à l’une de Ses créatures faibles, dispensée de tout coût, sur la forte ; Il s’en sert pour se venger d’elle et lui inflige précisément ce qu’elle redoutait, si bien qu’elle ne trouve ni remède ni échappatoire. Allah, le Très-Haut, a dit : « Nous voulions combler de Notre grâce ceux qui avaient été opprimés sur la terre, faire d’eux des guides et faire d’eux les héritiers (5), leur assurer fermement la maîtrise de la terre, et faire voir à Pharaon, à Hâmân et à leurs armées, par leur propre intermédiaire, ce qu’ils redoutaient (6). » [Al-Qaṣaṣ 5-6]

(1) Voir : al-Jalis wa-l-Anis, t. 3, p. 273 ; Wafayat al-Aʿyan, t. 4, p. 247 ; Fath al-Bari, t. 9, p. 620. (2) Le manuscrit D lit « yadfaʿ » (repousse), tandis que T donne « yarfaʿ » (élève). (3) Les manuscrits H et N portent « baʿathahu », forme corrompue ; les copies T et Q n’ont pas été corrigées.
من جنود الله، ضعيفُ الخِلْقة، عجيبُ التَّركيب، فيه خَلْقُ سبع حيوانات (١)؛ فإذا رأيتَ عساكرَه قد أقبلت أبصرتَ جندًا لا مردَّ له، ولا يحمي منه عَدَدٌ ولا عُدَّة، فلو جمع الملكُ خيلَه ورَجِلَه ودوابَّه وسلاحَه ليصدَّه عن بلده لما أمكنه ذلك. فانظر كيف ينسابُ على الأرض كالسَّيل، فيغشى السَّهل والجبل، والبَدْو والحضر، حتى يستُر نورَ الشمس بكثرته، ويَسُدَّ وجهَ السَّماء بأجنحته، ويبلغ من الجوِّ إلى حيثُ لا يبلغُ طائرٌ أكبرُ جناحين منه. فسَل المعطِّل: من الذي بعث هذا الجندَ الضعيفَ الذي لا يستطيعُ أن يردَّ (٢) عن نفسه حيوانًا رام أخذَه بفِيه (٣) على العسكر أهل القوَّة والكثرة والعَدَد والعُدَّة والحيلة، فلا يقدرون بأجمعهم على دفعه، بل ينظرون إليه يستبدُّ بأقواتهم دونهم، ويمزِّقها كلَّ ممزَّق، ويذرُ الأرض قفرًا منها، وهم لا يستطيعون أن يردُّوه ولا يحولوا بينه وبينها؟! وهذا من حكمته سبحانه أن يسلِّط الضعيفَ مِنْ خلقه الذي لا مؤنة له على القويِّ، فينتقم به منه، ويُنْزِل به ما كان يَحْذَرُه منه، حتى لا يستطيع لذلك مردًّا ولا صرفًا، قال الله تعالى: ﴿وَنُرِيدُ أَنْ نَمُنَّ عَلَى الَّذِينَ اسْتُضْعِفُوا فِي الْأَرْضِ وَنَجْعَلَهُمْ أَئِمَّةً وَنَجْعَلَهُمُ الْوَارِثِينَ (٥) وَنُمَكِّنَ لَهُمْ فِي الْأَرْضِ وَنُرِيَ فِرْعَوْنَ وَهَامَانَ وَجُنُودَهُمَا مِنْهُمْ مَا كَانُوا يَحْذَرُونَ﴾ [القصص: ٥ - ٦].
(١) انظر: «الجليس والأنيس» (٣/ ٢٧٣)، و «وفيات الأعيان» (٤/ ٢٤٧)، و «فتح الباري» (٩/ ٦٢٠). (٢) (د): «يدفع». (ت): «يرفع». (٣) (ح، ن): «بعثه». تحريف. ولم تحرر في (ت، ق).

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