Certains ouvrages de zoologie (1) rapportent que, depuis la bouche du poisson jusqu’à ses conduits auditifs (2), existent des passages ; il aspire (3) l’eau par la bouche, la rejette ensuite par ces conduits et s’en trouve ainsi rafraîchi, tout comme l’animal terrestre aspire la brise fraîche par les narines puis l’expire pour se délasser (4).
L’eau, pour la créature marine, tient le rôle que l’air joue pour la créature terrestre : deux mers, dont l’une est plus subtile que l’autre. Il y a une mer d’air dans laquelle nagent les animaux de la terre, et une mer d’eau dans laquelle nagent les animaux de la mer. Que l’une de ces deux catégories abandonne sa propre mer pour celle de l’autre et elle périt ; de même que l’animal terrestre s’étouffe dans l’eau, l’animal marin s’étouffe dans l’air.
Gloire à Celui dont les signes sont innombrables ; ceux qui voudraient les décompter n’y parviendraient pas, et ils seraient incapables d’embrasser les détails d’un seul d’entre eux ; s’ils en connaissent une facette, bien d’autres leur demeurent cachées.
Considère encore la sagesse parfaite qui fait du poisson l’animal le plus fécond : dans le ventre d’un seul poisson, on trouve un nombre d’œufs incalculable.
Cette profusion répond au besoin de nourrir les multiples espèces qui s’en alimentent, car la plupart d’entre elles mangent le poisson, y compris les fauves : la majorité (5) d’entre eux, tapies aux abords des marécages (6),