Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Certains ouvrages de zoologie (1) rapportent que, depuis la bouche du poisson jusqu’à ses conduits auditifs (2), existent des passages ; il aspire (3) l’eau par la bouche, la rejette ensuite par ces conduits et s’en trouve ainsi rafraîchi, tout comme l’animal terrestre aspire la brise fraîche par les narines puis l’expire pour se délasser (4).

L’eau, pour la créature marine, tient le rôle que l’air joue pour la créature terrestre : deux mers, dont l’une est plus subtile que l’autre. Il y a une mer d’air dans laquelle nagent les animaux de la terre, et une mer d’eau dans laquelle nagent les animaux de la mer. Que l’une de ces deux catégories abandonne sa propre mer pour celle de l’autre et elle périt ; de même que l’animal terrestre s’étouffe dans l’eau, l’animal marin s’étouffe dans l’air.

Gloire à Celui dont les signes sont innombrables ; ceux qui voudraient les décompter n’y parviendraient pas, et ils seraient incapables d’embrasser les détails d’un seul d’entre eux ; s’ils en connaissent une facette, bien d’autres leur demeurent cachées.

Considère encore la sagesse parfaite qui fait du poisson l’animal le plus fécond : dans le ventre d’un seul poisson, on trouve un nombre d’œufs incalculable.

Cette profusion répond au besoin de nourrir les multiples espèces qui s’en alimentent, car la plupart d’entre elles mangent le poisson, y compris les fauves : la majorité (5) d’entre eux, tapies aux abords des marécages (6),

(1) (R) : «Aristote l’a également mentionné.» (2) (T, Q, H) : «simaakhahu» (son conduit auditif). (3) (T, N, H) : «yasubbu» (il verse) — le mot est corrompu. (4) Voir : Ḥayât al-ḥayawân, vol. 2, p. 553. (5) (Q, H, N) : «même les fauves, car elles…» (6) Pluriel de ajama (fourré dense) ; ici, il s’agit d’un fourré de roseaux, plante aquatique à longues tiges poussant au bord des rivières.
وقد ذُكِر في بعض كتب الحيوان (١) أنَّ مِنْ فِيه إلى صِماخَيْه (٢) منافذَ فهو يعُبُّ (٣) الماءَ فيها بفِيه، ويرسلُه من صِماخَيْه، فيتروَّحُ بذلك، كما يأخذُ الحيوانُ النَّسيمَ الباردَ بأنفه ثمَّ يرسلُه ليتروَّحَ به (٤). فإنَّ الماء للحيوان البحريِّ كالهواء للحيوان البريِّ، فهما بَحْران أحدُهما ألطفُ من الآخَر: بحرُ هواءٍ يَسْبَحُ فيه حيوانُ البرِّ، وبحرُ ماءٍ يَسْبَحُ فيه حيوانُ البحر، فلو فارق كلٌّ من الصِّنفين بحرَه إلى البحر الآخر مات، فكما يختنقُ الحيوانُ البرِّيُّ في الماء يختنقُ الحيوانُ البحريُّ في الهواء. فسبحان من لا يحصي العادُّون آياته، ولا يحيطون بتفصيل آيةٍ منها على الانفراد، بل إن علموا منها وجهًا جَهِلوا منها أوجهًا. فتأمَّل الحكمةَ البالغة في كَوْن السَّمك أكثر الحيوان نسلًا، ولهذا ترى في جوف السَّمكة الواحدة من البيض ما لا يحصى كثرة. وحكمةُ ذلك أن يتَّسع لما يغتذي به من أصناف الحيوان؛ فإنَّ أكثرها يأكلُ السَّمك، حتى السِّباع؛ فإنَّ غالبها (٥) في حافَات الآجام (٦) جاثمةٌ
(١) (ر): «وقد ذكر أرسطاطاليس». (٢) (ت، ق، ح): «صماخه». (٣) (ت، ن، ح): «يصب». تحريف. (٤) انظر: «حياة الحيوان» (٢/ ٥٥٣). (٥) (ق، ح، ن): «حتى السباع؛ لأنها». (٦) جمع أجَمة، وهي الشجر الكثير الملتفُّ. والمراد: أجَمة القصب، وهو نباتٌ مائي له سوقٌ طوال، ينمو حول الأنهار.

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