Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Le propos est que l’abandon, par beaucoup de gens, du recours au miel comme remède ne l’empêche nullement d’être une guérison ; de même, le fait que la plupart d’entre eux ne cherchent pas à guérir les maladies du cœur par le Coran ne retire rien à sa nature curative à leur égard. Il demeure un remède pour ce qui se cache au fond des poitrines, même si la majorité des malades n’y puise pas, comme l’a dit Allah : « Ô hommes ! Une exhortation vous est venue de votre Seigneur ; une guérison pour ce qui est dans les poitrines, une direction et une miséricorde pour les croyants. » (Yûnus, 57). Il a donc rendu l’exhortation et la guérison universelles, tandis qu’Il a réservé la direction et la miséricorde aux croyants (1). Ainsi, le Coran est en lui-même une guérison, qu’on le sollicite ou non.

Dans Son Livre, Allah n’a qualifié de « guérison » que le Coran et le miel ; ce sont donc les deux remèdes par excellence : le premier soigne les cœurs de leurs maladies — l’égarement, l’illusion, les doutes (2) et les passions —, et le second soigne les corps de nombre de leurs maux, de leurs humeurs déréglées et de leurs affections.

Durant mon séjour à La Mecque, j’ai moi-même été atteint de diverses maladies. Là-bas, nul médecin ni pharmacopée comme dans d’autres cités ; je me suis donc soigné au miel et à l’eau de Zamzam, et j’y ai constaté une guérison véritablement étonnante (3).

Réfléchis enfin à la manière dont Il — glorifié soit-Il — a affirmé que le Coran est, en soi, une guérison, et qu’Il a dit à propos

(1) Les manuscrits H et N lisent : « wa-l-maʿrifa » (« et la connaissance »). Voir le verset. (2) Le manuscrit T porte : « wa-dawāʾ » (« et remède »). (3) Voir également sa mention de ce point dans Madarij al-salikin, t. 1, p. 58 ; Zad al-maʿad, t. 4, p. 178 ; et al-Daʾ wa-l-dawāʾ, p. 8. Sur la période où l’auteur résida à La Mecque, cf. B. Abu Zayd, Ibn Qayyim al-Jawziyya, p. 57-59. Ibn al-Qayyim (qu’Allah lui fasse miséricorde) précise en ouverture du présent ouvrage qu’il l’a composé parmi les dons et faveurs qu’Allah lui a accordés lors de son retrait dans sa demeure.
والمقصودُ أنَّ ترك كثيرٍ من النَّاس الاستشفاءَ بالعسل لا يخرجُه عن كونه شفاءً، كما أنَّ ترك أكثرهم الاستشفاءَ بالقرآن من أمراض القلوب لا يخرجُه عن كونه شفاءً لها، وهو شفاءٌ لما في الصُّدور وإن لم يَسْتَشفِ به أكثرُ المرضى، كما قال تعالى: ﴿يَاأَيُّهَا النَّاسُ قَدْ جَاءَتْكُمْ مَوْعِظَةٌ مِنْ رَبِّكُمْ وَشِفَاءٌ لِمَا فِي الصُّدُورِ وَهُدًى وَرَحْمَةٌ لِلْمُؤْمِنِينَ﴾ [يونس: ٥٧]، فعَمَّ بالموعظة والشِّفاء، وخصَّ بالهدى والرحمة (١)؛ فهو نفسُه شفاءٌ استُشْفِيَ به أو لم يُسْتَشْفَ به. ولم يَصِف الله في كتابه بالشفاء إلا القرآن والعسل، فهما الشِّفاءان؛ هذا شفاءُ القلوب من أمراض غيِّها وضلالها وأدواء (٢) شبهاتها وشهواتها، وهذا شفاءٌ للأبدان من كثيرٍ من أسقامها وأخلاطها وآفاتها. ولقد أصابني أيام مُقامي بمكَّة أسقامٌ مختلفة، ولا طبيبَ هناك ولا أدويةَ كما في غيرها من المدن، فكنتُ أستشفي بالعسل وماء زمزم، ورأيتُ فيهما من الشفاء أمرًا عجيبًا (٣). وتأمَّل إخبارَه ﷾ عن القرآن بأنه نفسَه شفاءٌ، وقال عن
(١) تحرفت في (ح، ن) إلى: «والمعرفة». واقرأ الآية. (٢) (ت): «ودواء». (٣) انظر إخباره بذلك أيضًا في «مدارج السالكين» (١/ ٥٨)، و «زاد المعاد» (٤/ ١٧٨)، و «الداء والدواء» (٨). وانظر لمجاورة المصنف بمكة: «ابن قيم الجوزية» للشيخ بكر (٥٧ ــ ٥٩). وقد ذكر ــ ﵀ ــ في صدر كتابنا هذا أن تأليفه له كان من بعض النُّزل والتُّحف التي فتح الله بها عليه حين انقطاعه إلى بيته.

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