Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qui ne s’étend pas à toutes les natures ni à toutes les âmes ; car le Livre d’Allah est la guérison utile, la plus noble des guérisons, et que ceux qui y puisent remède sont peu nombreux ! Mieux encore, il ne fait qu’aggraver la corruption des tempéraments dépravés et n’augmente les injustes qu’en perdition.

De même, l’évocation d’Allah, le fait de se tourner vers Lui, de revenir à Lui et de se réfugier dans la prière : combien de malades en ont été guéris ! Combien de souffrants ont recouvré la santé ! Combien de fois ces pratiques ont-elles remplacé quantité de médicaments qui n’atteignent même pas de loin leur efficacité ! Pourtant, tu vois nombre de gens — la majorité, en vérité — qui n’en tirent aucun bienfait curatif.

J’ai lu, dans certains traités de médecins musulmans consacrés aux remèdes simples, qu’ils mentionnaient la prière ; ils la plaçaient au chapitre « ṣâd » et détaillaient, parmi ses effets sur le corps, plusieurs voies menant à la guérison, ainsi que ses bienfaits pour l’âme et le cœur (1).

J’ai également entendu notre maître Abû al-‘Abbâs Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde — raconter que, lorsqu’il éprouva une douleur, un médecin lui dit : « Ce qui t’est le plus nuisible, c’est la parole savante, la réflexion, la concentration et l’évocation. » Il répondit : « Ne soutenez-vous pas que, lorsque l’âme se fortifie et se réjouit, cette joie lui confère une force par laquelle la nature aide à repousser l’affection (2) — son ennemie — de sorte que, devenue plus forte, elle la domine ? » Le médecin acquiesça. Ibn Taymiyya reprit : « Or, lorsque mon âme se tourne vers Allah, L’évoque et s’adonne à la recherche scientifique, puis qu’elle résout une question qui lui paraissait obscure, elle s’en réjouit et se renforce, et cette vigueur entraîne le refoulement de l’affection. » Tels furent — ou quelque chose d’approchant (3) — ses propos (4).

(1) Cf. l’auteur dans Zad al-Ma‘ad, t. 4, p. 331. (2) Les manuscrits D, Q et T lisent « al-muʿâriḍ » aux deux occurrences ; la leçon adoptée ici est jugée meilleure. (3) Les manuscrits H et N portent « ou autre chose ! ». (4) Voir Rawdat al-muhibbin, p. 109.
لا يَعُمُّ الطَّبائعَ والأنفس؛ فهذا كتابُ الله هو الشِّفاءُ النافع، وهو أعظمُ الشِّفاء، وما أقلَّ المُستَشْفِين به! بل لا يزيدُ الطَّبائعَ الرَّديئة إلا رداءةً، ولا يزيدُ الظَّالمين إلا خسارًا. وكذلك ذكرُ الله والإقبالُ عليه والإنابةُ إليه والفزعُ إلى الصَّلاة، كم قد شُفِي به مِنْ عليل! وكم قد عُوفي به مِنْ مريض! وكم قام مقام كثيرٍ من الأدوية التي لا تبلغُ قريبًا من مبلغه في الشفاء! وأنت ترى كثيرًا من النَّاس ــ بل أكثرهم ــ لا نصيب لهم من الشفاء بذلك إليه أصلًا. ولقد رأيتُ في بعض كتب الأطبَّاء المسلمين في ذكر الأدوية المفردة ذكر الصَّلاة؛ ذكرها في باب «الصَّاد» وذَكَر من منافعها في البدن التي توجبُ الشفاء وجوهًا عديدةً ومن منافعها في الرُّوح والقلب (١). وسمعتُ شيخنا أبا العبَّاس ابن تيمية ﵀ يقول، وقد عَرَض له بعضُ الألم، فقال له الطَّبيب: أضرُّ ما عليك الكلامُ في العلم والفِكرُ فيه والتوجُّه والذِّكر، فقال: ألستم تزعمون أنَّ النفسَ إذا قَوِيَت وفَرِحَت أوجبَ فرحُها لها قوَّةً تُعِينُ بها الطبيعةَ على دفع العارض (٢)؛ فإنه عدوُّها، فإذا قَوِيَت عليه قهرتْه؟ فقال له الطَّبيب: بلى؛ فقال: وأنا إذا اشتغلتْ نفسي بالتَّوجُّه والذِّكر والكلام في العلم وظَفِرَت بما يُشْكِلُ عليها منه فَرِحَت به وقَوِيَت، فأوجبَ ذلك دفعَ العارض. هذا أو نحوه (٣) من الكلام (٤).
(١) كما فعل المصنف في «زاد المعاد» (٤/ ٣٣١). (٢) (د، ق، ت): «المعارض»، في الموضعين. والمثبت أجود. (٣) (ح، ن): «أو غيره»!. (٤) انظر: «روضة المحبين» (١٠٩).

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