et le besoin qu’on en aurait deviendrait pressant. Pourtant, dans certaines cités, l’usage du sucre a fini par s’imposer ; ils ont alors délaissé le miel, l’ont trouvé plus agréable et l’ont jugé moins âcre et moins “chaud” que lui, sans comprendre que l’une des vertus du miel réside précisément dans cette âpreté et cette chaleur. Si donc ces qualités ne conviennent pas à la personne qui le consomme, qu’elle les atténue par ce qui leur est contraire : le miel n’en deviendra que plus bénéfique pour elle que le sucre.
Nous consacrerons — si Dieu le veut — un exposé particulier où nous mettrons en lumière, par de multiples voies irréfutables et des arguments nombreux inattaquables, la supériorité du miel sur le sucre. (1)
Dis-moi donc : quand as-tu vu le sucre éliminer un excès de flegme, dissoudre une humeur corruptrice ou guérir une maladie ? ! Tout au plus se borne-t-il à faciliter quelque peu la diffusion du remède dans les veines, grâce à sa finesse et à sa douceur.
Quant à la guérison que procure le miel, Dieu l’a refusée à beaucoup de gens (2) : ils en sont venus à le dénigrer et à redouter les inconvénients qu’ils attribuent à sa chaleur et à son âpreté. Il ne fait pourtant aucun doute que le fait qu’il soit une guérison, tout comme le Coran est une guérison, la prière une guérison, et l’invocation d’Allah et le retour vers Lui une guérison, constitue une réalité