Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et le besoin qu’on en aurait deviendrait pressant. Pourtant, dans certaines cités, l’usage du sucre a fini par s’imposer ; ils ont alors délaissé le miel, l’ont trouvé plus agréable et l’ont jugé moins âcre et moins “chaud” que lui, sans comprendre que l’une des vertus du miel réside précisément dans cette âpreté et cette chaleur. Si donc ces qualités ne conviennent pas à la personne qui le consomme, qu’elle les atténue par ce qui leur est contraire : le miel n’en deviendra que plus bénéfique pour elle que le sucre.

Nous consacrerons — si Dieu le veut — un exposé particulier où nous mettrons en lumière, par de multiples voies irréfutables et des arguments nombreux inattaquables, la supériorité du miel sur le sucre. (1)

Dis-moi donc : quand as-tu vu le sucre éliminer un excès de flegme, dissoudre une humeur corruptrice ou guérir une maladie ? ! Tout au plus se borne-t-il à faciliter quelque peu la diffusion du remède dans les veines, grâce à sa finesse et à sa douceur.

Quant à la guérison que procure le miel, Dieu l’a refusée à beaucoup de gens (2) : ils en sont venus à le dénigrer et à redouter les inconvénients qu’ils attribuent à sa chaleur et à son âpreté. Il ne fait pourtant aucun doute que le fait qu’il soit une guérison, tout comme le Coran est une guérison, la prière une guérison, et l’invocation d’Allah et le retour vers Lui une guérison, constitue une réalité

(1) Je n’ai trouvé aucune information à ce sujet chez les auteurs postérieurs ; il est donc possible qu’elle ne lui ait pas été accessible. Voir plus haut, p. 588. Je n’ai pas constaté que l’auteur traite de cette question ailleurs que dans Zad al-Maʿad, t. 4, p. 34, 224 et 355. Cf. également : Ibn Qayyim al-Jawziyya, p. 282 ; Al-Taqrib li-ʿulum Ibn al-Qayyim, p. 80. Dans ces deux ouvrages, le renvoi à Shifaʾ al-ʿAlil est, en réalité, erroné. (2) Les témoins T, D, Q et H lisent : « li-kathir ».
الحاجةُ إليه، وإنما غَلَب على بعض المدن استعمالُ السُّكَّر حتى هجروا العسلَ واستطابوه عليه ورأوهُ أقلَّ حِدَّةً وحرارةً منه، ولم يعلموا أنَّ من منافع العسل ما فيه من الحِدَّة والحرارة، فإذا لم يوافِق من يستعملُه كَسَرَها بمقابلها فيصيرُ أنفع له من السُّكَّر. وسنفردُ ــ إن شاء الله ــ مقالةً نبيِّنُ فيها فضل العسل على السُّكَّر من طرقٍ عديدةٍ لا تُمنَع، وبراهين كثيرةٍ لا تُدفَع (١). ومتى رأيتَ السُّكَّر يجلُو بلغمًا، ويذيبُ خِلْطًا، أو يشفي من داء؟! وإنما غايتُه بعض التنفيذ للدَّواء إلى العُروق؛ للطافته وحلاوته. وأمَّا الشفاءُ الحاصلُ من العسل فقد حرَمه اللهُ الكثيرَ (٢) من النَّاس، حتى صاروا يذمُّونه ويخشون غائلتَه من حراراته وحِدَّته. ولا ريب أنَّ كونه شفاءً، وكونَ القرآن شفاءً، والصَّلاةِ شفاءً، وذكرِ الله والإقبال عليه شفاءً = أمرٌ
(١) لم أقف مِنْ خبرها على شيءٍ عند من بعده؛ فلعله لم يتيسَّر له ذلك. وراجع ما قدمناه (ص: ٥٨٨). ولم أر المصنف تعرَّض للمسألة في غير «زاد المعاد» (٤/ ٣٤، ٢٢٤، ٣٥٥). وانظر: «ابن قيم الجوزية» (٢٨٢)، و «التقريب لعلوم ابن القيم» (٨٠)، والإحالةُ فيهما على «شفاء العليل» وهمٌ. (٢) (ت، د، ق، ح): «لكثير».

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