Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ni ne lui deviennent inhospitalières, ni ne la détournent de sa route, quelque éloignées qu’elles soient ?! Et qui l’a donc guidée dans sa mission ?!
Et qui a fait descendre pour elle cette rosée que, sitôt butinée, elle transforme en un miel limpide, aux couleurs variées, d’une douceur, d’une saveur et d’une utilité incomparables : tantôt d’un blanc dans lequel le visage se reflète mieux que dans un miroir — celui qui m’en apporta un tel spécimen me l’assura (1) et déclara : « Voilà le miel le plus noble, le plus pur et le plus savoureux que l’on connaisse ; sa saveur surpasse tout ce qu’on trouve dans les friandises » (2) —, tantôt d’un rouge, d’un vert, d’un rosé, d’un noir, d’un blond (3), et d’autres teintes et goûts qui varient selon les pâturages et la matière première.
Considère encore tous les bienfaits et les vertus curatives qu’il recèle, le fait qu’il entre dans la plupart des remèdes ; les anciens, en effet, ne connaissaient pas le sucre, qui n’apparaît dans aucun de leurs ouvrages ; la substance qu’ils incorporaient aux médicaments, c’était le miel, et c’est de lui qu’il est question dans leurs livres.
Par Allah, il est certes plus bénéfique que le sucre : plus profitable, plus apte à clarifier les humeurs, à les maîtriser et à dissiper leurs méfaits, plus fortifiant pour l’estomac, plus réjouissant pour l’âme, plus vivifiant pour les esprits, meilleur conducteur du remède et plus efficace pour extraire la maladie des profondeurs du corps.
Aussi ne trouve-t-on jamais, dans aucun hadith, la moindre mention du sucre, et les anciens ne le connaissaient même pas (4).
Que le sucre disparaisse du monde, personne n’en ressentirait vraiment le besoin ; mais si le miel venait à manquer, la détresse s’en trouverait durement aggravée

(1) (H, N) : « et il le nomma ainsi pour celui qui l’avait apporté ». (2) (T) : « de sorte que son goût est plus prononcé que celui des friandises ». (3) (Q, D) : « et il était de couleur jaune ». (4) La mention du sucre figure dans un ḥadith rapporté par al-Tirmidhi (2404) avec une chaîne de transmission très faible. On la retrouve encore dans un autre récit décrivant le ḥawḍ (le bassin) que l’auteur a jugé authentique dans Zad al-Maʿad, 4/355, où il note : « Je ne connais pas d’autre ḥadith où le “sucre” soit cité ». Je n’ai pas retrouvé ce texte et je doute qu’il soit valable comme propos directement attribué au Prophète ; il est probable que le mot « sucre » y ait été ajouté par certains narrateurs. Voir aussi : Fayd al-Qadir, 2/448. — Quant au ḥadith authentique affirmant que le Prophète ﷺ aimait la ḥalwā (tout aliment sucré) et le miel, le terme ḥalwā englobe en réalité toute denrée douce, même brute, telle que les fruits. — Enfin, le mot « sucre » (sukkar) est d’origine persane arabisée ; cf. al-Sihah, s.v. « sakar » ; Qasd al-Sabil, 2/143, et ses notes.
تستوعرُها ولا تضلُّ عنها على بُعدها؟! ومن الذي هداها لشأنها؟! ومن الذي أنزل لها من الطَّلِّ ما إذا جَنَته ردَّته عسلًا صافيًا مختلفًا ألوانُه في غاية الحلاوة واللَّذاذة والمنفعة، مِنْ بين أبيض يُرى فيه الوجهُ أعظمَ من رؤيته في المرآة ــ وسمَّاه لي من جاء به (١)، وقال: هذا أفخرُ ما يعرفُ الناسُ من العسل وأصفاه وأطيبُه، فإذا طعمُه ألذُّ شيءٍ يكونُ من الحلوى (٢) ــ، ومِنْ بين أحمرَ وأخضرَ ومُورَّدٍ وأسودَ وأشقرَ (٣) وغير ذلك من الألوان والطُّعوم المختلفة فيه بحسب مَراعيه ومادَّتها. وإذا تأمَّلتَ ما فيه من المنافع والشِّفاء، ودخولَه في غالب الأدوية، حتى كان المتقدِّمون لا يعرفون السُّكَّر ولا هو مذكورٌ في كتبهم أصلًا، وإنما كان الذي يستعملونه في الأدوية هو العسل، وهو المذكورُ في كتب القوم. ولعمرُ الله إنه لأنفعُ من السُّكَّر، وأجدى وأجلى للأخلاط، وأقمَعُ لها وأذهبُ لضررها، وأقوى للمعدة، وأشدُّ تفريحًا للنفس، وتقويةً للأرواح، وتنفيذًا للدَّواء، وإعانةً له على استخراج الدَّاء من أعماق البدن. ولهذا لا يجيءُ في شيءٍ من الحديث قطُّ ذكرُ السُّكَّر، ولا كانوا يعرفونه أصلًا (٤)، ولو عُدِم من العالم لما احتاج إليه، ولو عُدِم العسلُ لاشتدَّت
(١) (ح، ن): «وسماه لمن جاء به». (٢) (ت): «فإذا طعمه الذي أشد من الحلوى». (٣) (ق، د): «وأصفر». (٤) ورد ذكره في حديثٍ أخرجه الترمذي (٢٤٠٤) بإسناد ضعيفٍ جدًّا. وفي حديثٍ آخر في صفة الحوض صحَّحه المصنفُ في «زاد المعاد» (٤/ ٣٥٥)، وقال: «ولا أعرف السُّكَّر في الحديث إلا في هذا الموضع». ولم أقف على هذا الحديث ولا أظنه يصحُّ مرفوعًا، ولعل ذكر «السُّكَّر» فيه من تصرُّف بعض الرواة. وانظر: «فيض القدير» (٢/ ٤٤٨). وأمَّا ما في «الصحيح» من أنه ﷺ كان يحب الحلواء والعسل؛ فالمراد بالحلواء كل حُلْوٍ، وإن لم تدخله الصَّنعة، كالفاكهة. وأصل لفظة «السُّكَّر» فارسيَّةٌ معرَّبة. انظر: «الصحاح» (سكر)، و «قصد السبيل» (٢/ ١٤٣) وحاشيته.

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