ni ne lui deviennent inhospitalières, ni ne la détournent de sa route, quelque éloignées qu’elles soient ?! Et qui l’a donc guidée dans sa mission ?!
Et qui a fait descendre pour elle cette rosée que, sitôt butinée, elle transforme en un miel limpide, aux couleurs variées, d’une douceur, d’une saveur et d’une utilité incomparables : tantôt d’un blanc dans lequel le visage se reflète mieux que dans un miroir — celui qui m’en apporta un tel spécimen me l’assura (1) et déclara : « Voilà le miel le plus noble, le plus pur et le plus savoureux que l’on connaisse ; sa saveur surpasse tout ce qu’on trouve dans les friandises » (2) —, tantôt d’un rouge, d’un vert, d’un rosé, d’un noir, d’un blond (3), et d’autres teintes et goûts qui varient selon les pâturages et la matière première.
Considère encore tous les bienfaits et les vertus curatives qu’il recèle, le fait qu’il entre dans la plupart des remèdes ; les anciens, en effet, ne connaissaient pas le sucre, qui n’apparaît dans aucun de leurs ouvrages ; la substance qu’ils incorporaient aux médicaments, c’était le miel, et c’est de lui qu’il est question dans leurs livres.
Par Allah, il est certes plus bénéfique que le sucre : plus profitable, plus apte à clarifier les humeurs, à les maîtriser et à dissiper leurs méfaits, plus fortifiant pour l’estomac, plus réjouissant pour l’âme, plus vivifiant pour les esprits, meilleur conducteur du remède et plus efficace pour extraire la maladie des profondeurs du corps.
Aussi ne trouve-t-on jamais, dans aucun hadith, la moindre mention du sucre, et les anciens ne le connaissaient même pas (4).
Que le sucre disparaisse du monde, personne n’en ressentirait vraiment le besoin ; mais si le miel venait à manquer, la détresse s’en trouverait durement aggravée