Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

qui en ont connaissance ou y prêtent attention (1).

Sa reproduction, en réalité, ne relève d’aucune des deux hypothèses évoquées ; elle s’opère plutôt d’une manière prodigieusement étonnante. Quand l’abeille se rend au pâturage, elle prélève ces particules limpides qui se trouvent à la surface des feuilles — sur la rose, la fleur, l’herbe et autres plantes — : la rosée. Elle les aspire ; c’est là la matière première du miel. Puis elle compacte (2) les particules coagulées restées sur la feuille, les fixe à sa patte comme un petit grain de lentille, et elle remplit de cette pâte les alvéoles hexagonales demeurées vides de miel.

Vient alors son yaʿsûb (chef de la ruche) ; il se place devant sa demeure, commence par y souffler, puis il fait le tour de ces loges, de cellule en cellule, soufflant dans chacune d’elles. La vie y pénètre alors, par la permission d’Allah, elles s’animent et, par la permission d’Allah, il en sort de petits « oiseaux » (3).

Voilà l’un des signes et des prodiges que bien peu remarquent. Tout cela est le fruit de cette inspiration divine qui l’a gratifiée et dotée (4) de cette organisation, de ces déplacements, de ce moyen d’existence, de cette architecture et de cette reproduction.

Interroge donc le négateur égaré (5) : qui a inspiré à l’abeille son activité et implanté dans sa nature ce qui s’y trouve ? Qui lui a aplanit des voies faciles, dociles, qui ne se rebiffent (6) pas contre elle ni

(1) Voir : Ibn Ḥazm, Al-Fiṣal, t. 5, p. 278. (2) Les manuscrits H et N lisent : « talbas ». (3) Les données scientifiques actuelles montrent que la reine dépose ses œufs dans ces alvéoles après avoir été fécondée par le mâle ; les ouvrières nourrissent ensuite les larves jusqu’à leur développement complet (Encyclopédie arabe universelle). (4) Les manuscrits H et N portent : « wa-albasahā ». (5) Le mot « aḍ-ḍāl » est absent du manuscrit H. (6) Les manuscrits H et T donnent « yastaʿṣī », tandis que le manuscrit N a « yataʿṣā ».
يعرفُ ذلك أو يَفْطِنُ له (١). وليس نِتاجُها على واحدٍ من هذين الوجهين، وإنما نِتاجُها بأمرٍ مِنْ أعجب العجب، فإنها إذا ذهبت إلى المرعى أخذَت تلك الأجزاءَ الصَّافيةَ التي على الوَرَق، من الورد والزَّهر والحشيش وغيره، وهي الطَّلُّ؛ فتمصُّها، وذلك مادةُ العسل، ثمَّ أنها تكبِسُ (٢) الأجزاءَ المنعقدةَ على وجه الورقة وتَعْقِدُها على رِجْلِها كالعَدَسَة، فتملأ بها المسدَّسات الفارغة من العسل، ثمَّ يقومُ يَعْسُوبها على بيته مبتدئًا منه، فينفخُ فيه، ثمَّ يطوفُ على تلك البيوت بيتًا بيتًا وينفخُ فيها كلِّها، فتدبُّ فيها الحياةُ بإذن الله ﷿، فتتحرَّكُ وتخرجُ طيورًا بإذن الله (٣). وتلك إحدى الآيات والعجائب التي قلَّ من يتفطَّنُ إليها، وهذا كلُّه من ثمرة ذلك الوحي الإلهيِّ، أفادها وأكسَبها (٤) هذا التَّدبير والسَّفر والمعاشَ والبناءَ والنِّتاج. فسَل المعطِّل الضالَّ (٥): من الذي أوحى إليها أمرَها وجَعَل ما جَعَل في طباعها؟! ومن الذي سهَّل لها سُبلَه ذُللًا منقادةً لا تستعصي (٦) عليها ولا
(١) انظر: «الفِصَل» (٥/ ٢٧٨). (٢) (ح، ن): «تلبس». (٣) الثابت اليوم علميًّا أن ملكة النحل تضع بيضها في تلك البيوت، بعد أن يلقحها الذكر خلال عملية التزاوج بسائله المنوي، فإذا فقست تولت شغَّالات النحل تغذية تلك اليرقات حتى تكبر. «الموسوعة العربية العالمية». (٤) (ح، ن): «وألبسها». (٥) «الضال» ليست في (ح). (٦) (ح، ت): «يستعصي». (ن): «يتعصى».

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