à la porte de la ruche ; il ne laisse aucune abeille bousculer une autre ni la devancer pour franchir le seuil. Elles passent donc l’entrée de leurs logis l’une après l’autre, sans cohue, sans heurt ni entassement, tout comme un commandant qui, parvenu avec ses troupes à un défilé trop étroit pour qu’on le franchisse autrement qu’en file indienne, fait avancer ses soldats un par un.
Quiconque étudie attentivement leurs conditions de vie, leur organisation, la direction qui les guide, la cohésion de leurs rangs, l’agencement parfait de leurs affaires, la gestion de leur royaume et la délégation de chaque tâche à l’une d’entre elles, est saisi d’un étonnement profond ; il comprend alors que tout cela dépasse leurs propres capacités et ne provient pas de leur nature intrinsèque. Il s’agit d’œuvres d’une précision remarquable, exécutées avec une perfection extrême ; or, si tu observes l’ouvrière(1), tu la trouves parmi les créatures d’Allah les plus faibles, les plus ignorantes de leur propre situation et les plus incapables même d’assurer leur propre subsistance, a fortiori d’accomplir les prodiges qui émanent d’elle(2).
Autre singularité : jamais deux chefs(3) ne cohabitent dans une même ruche ni ne commandent un seul essaim. Que deux troupes avec deux chefs se rencontrent, aussitôt elles mettent l’un des deux à mort, le découpent, puis s’accordent sur un chef unique, sans qu’il en résulte inimitié ni dommage entre elles ; bien au contraire, elles ne forment plus qu’une seule main et une armée unifiée.
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Plus étonnant encore – et la plupart des gens l’ignorent – est la question de leur reproduction : relève-t-elle de la mise-bas ou d’une génération par transformation et métamorphose(4) ? Peu sont ceux