Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les demeures.

On n’observe jamais chez les abeilles d’autre habitat que ces trois-là, absolument aucun.

Contemple ensuite que la plupart de leurs ruches se trouvent dans les montagnes et les anfractuosités rocheuses, la demeure mentionnée en premier dans le verset ; viennent ensuite les arbres, qui comptent également parmi leurs emplacements les plus nombreux (1), puis les treillages que les hommes élèvent : c’est là, parmi les gens, que leurs logis sont les plus rares. Quant aux demeures qu’elles établissent dans les montagnes et les arbres (2), celles-ci sont vastes et l’on y prélève d’innombrables quantités de miel (3).

Observe encore comment leur parfaite obéissance les a conduites à édifier la ruche avant de chercher pâture : elles construisent la demeure en premier lieu ; puis, une fois la ruche solidement fixée, elles en sortent, vont butiner, se nourrissent des fruits et reviennent ensuite à leur logis. Car leur Seigneur, exalté soit-Il, leur a enjoint d’abord d’édifier des demeures, puis seulement de manger ; et lorsqu’elles se sont nourries, elles empruntent les sentiers que leur Seigneur a rendus aisés pour elles (4), sans qu’aucun obstacle ne les rebute : elles paissent, puis reviennent.

Plus étonnant encore : elles ont un chef appelé « al-Yaʿsûb » ; sans lui, aucun départ, aucun retour, aucun travail ni pâturage ne s’accomplissent. Elles se conforment à ses ordres, l’entendent et lui obéissent ; il leur assigne devoirs, prescriptions et interdictions, tandis qu’elles constituent pour lui un troupeau (5) soumis, docile à ses directives et conforme à ses avis. Il les gouverne comme un roi administre les affaires de ses sujets, si bien que, lorsqu’elles regagnent leurs demeures, il se tient

(1) «Ḥayāt al-ḥayawān», t. 4, p. 32 : «et elle est inférieure à cela». Al-Damîrî a repris ce passage sans l’indiquer, tout en citant sa source explicitement à un autre endroit. (2) Les manuscrits omettent ici la particule fa qui suit d’ordinaire ʾammā. Cette tournure, bien que rare, est attestée ; certains y voient une licence poétique, ce qui n’est pas fondé, la norme étant de la conserver. Voir : Shawāhid al-tawḍîḥ, p. 136 ; Fatḥ al-Bârî, t. 10, p. 36. (3) Le manuscrit T porte : «on y prélève le miel». (4) Le mot «lahā» est absent des manuscrits N et H. (5) Le manuscrit N lit : «alors qu’elle le souhaite pour lui».
البيوت. فلا يُرى للنَّحل بيتٌ غير هذه الثَّلاثة البتة. وتأمَّل كيف أكثرُ بيوتها في الجبال والشقفان، وهو البيتُ المقدَّمُ في الآية، ثمَّ في الأشجار، وهي مِنْ أكثر بيوتها (١)، وفيما يَعْرِشُ الناس، وأقلُّ بيوتها بينهم حيثُ يَعْرِشُون، وأما في الجبال والشجر بيوتٌ (٢) عظيمةٌ يؤخذُ منها من العسل (٣) الكثيرُ جدًّا. وتأمَّل كيف أدَّاها حُسْنُ الامتثال إلى أن ا تخذت البيوتَ قبل المرعى؛ فهي تتَّخذ البيوتَ أوَّلًا، ثمَّ إذا استقرَّ لها بيتٌ خرجت منه فرعَت وأكلت من الثِّمار، ثمَّ أوتْ إلى بيوتها؛ لأنَّ ربها سبحانه أمرها با تخاذ البيوت أوَّلًا، ثمَّ بالأكل بعد ذلك، ثمَّ إذا أكلت سلكت سُبلَ ربها مذلَّلةً لها (٤) لا يستَوعِرُ عليها شيءٌ، ترعى ثمَّ تعود. ومن عجيب شأنها أنَّ لها أميرًا يسمَّى: «اليَعْسُوب» لا يتمُّ لها رواحٌ ولا إيابٌ ولا عملٌ ولا مرعًى إلا به، فهي مؤتمرةٌ لأمره، سامعةٌ له مطيعة، وله عليها تكليفٌ وأمرٌ ونهي، وهي رعيَّةٌ له (٥)، منقادةٌ لأمره، متَّبعةٌ لرأيه، يدبِّرها كما يدبِّرُ الملكُ أمرَ رعيَّته، حتى إنها إذا أوتْ إلى بيوتها وقفَ على
(١) «حياة الحيوان» (٤/ ٣٢): «وهي دون ذلك». وقد نقل الدميريُّ من هذا الموضع دون تصريح، وصرَّح بالنقل في موضعٍ آخر. (٢) كذا في الأصول، بحذف الفاء من جواب (أما). وهي لغةٌ قليلة، ولها شواهد، وزعم بعضهم أنها ضرورةٌ في الشعر، وليس كذلك، والجادة إثباتها. انظر: «شواهد التوضيح» (١٣٦)، و «فتح الباري» (١٠/ ٣٦). (٣) (ت): «يؤخذ منها العسل». (٤) «لها» ليست في (ن، ح). (٥) (ن): «وهي راغبة له».

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