Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

C’est là un mensonge, aussi bien à son sujet qu’à l’encontre de l’ordre de la création ; car la chauve-souris urine bel et bien. Les jurisconsultes se sont d’ailleurs penchés sur la question de son urine : est-elle impure parce qu’elle provient d’un animal dont la chair n’est pas licite ? Ou est-elle impure, mais la petite quantité en est excusée en raison de la difficulté de s’en préserver ? Deux avis existent, tous deux rapportés d’Ahmad ibn Hanbal. D’autres juristes, pour leur part, ne considèrent jamais son urine comme impure, et c’est là l’opinion la plus conforme à l’analogie (1), faute de texte explicite et parce qu’on ne peut valablement l’assimiler aux urines reconnues impures : la cause déterminante fait défaut et la différence est manifeste. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer exhaustivement les arguments des deux camps (2).

Il faut retenir que si la chauve-souris ne se nourrissait vraiment de rien, elle n’aurait pas de dents ; de fait, les dents n’ont aucun sens pour qui ne mange pas. C’est pour cette raison que le nourrisson, tant qu’il ne consomme pas d’aliments solides, n’a pas de dentition ; puis, lorsqu’il grandit et a besoin de nourriture, il reçoit des incisives qui la découpent et des molaires qui la broient.

Dans la création, rien n’est laissé sans fonction, rien n’est soustrait à la sagesse, rien n’est dépourvu de signification.

Quant aux sagesses et aux bienfaits inscrits dans la création de la chauve-souris, les médecins ont répertorié dans leurs ouvrages tout ce que leur science leur a permis d’atteindre (3), au point même que son urine (4) entre dans la composition de certains collyres (5)

(1) Le terme « al-aqwal » (les opinions) n’apparaît pas dans le manuscrit T. (2) Voir : Rawdat al-talibin, vol. 1, p. 280 ; al-Muhalla, vol. 1, p. 191 ; al-Mughni, vol. 2, p. 486 ; al-Bahr al-raiq, vol. 1, p. 398 ; Majmuʿ al-fatâwâ, vol. 21, p. 17. (3) Voir : al-Tadhkira de Dawud, vol. 1, p. 142 ; al-Mufradat d’Ibn al-Baytâr, vol. 2, p. 65 ; Hayât al-hayawân, vol. 2, p. 232. (4) Les témoins R et D lisent « zublah ». (5) Le manuscrit D lit « al-aʿmâl » (les œuvres).
وهذا كذبٌ عليه وعلى الخِلْقة؛ لأنه يبُول، وقد تكلَّم الفقهاءُ في بوله: هل هو نجسٌ لأنه بولُ غيرِ مأكولٍ؟ أو نجسٌ معفوٌّ عن يسيره لمشقَّة التحرُّز منه؟ على قولين، هما روايتان عن أحمد. وبعضُ الفقهاء لا ينجِّسُ بولَه بحالٍ، وهذا أقيسُ الأقوال (١)؛ إذ لا نصَّ فيه، ولا يصحُّ قياسُه على الأبوال النَّجسة؛ لعدم الجامع المؤثِّر، ووضوح الفرق. وليس هذا موضع استيفاء الحجج في هذه المسألة من الجانبين (٢). والمقصودُ أنه لو كان لا يأكلُ شيئًا لم يكن له أسنان، إذ لا معنى للأسنان في حقِّ من لا يأكلُ شيئًا، ولهذا لما عَدِم الطفلُ الرضيعُ الأكلَ لم يُعْط الأسنان، فلما كبر واحتاج إلى الغذاء أُعِينَ عليه بالأسنان التي تقطعُه والأضراس التي تطحنُه. وليس في الخليقة شيءٌ مهمل، ولا عن الحكمة بمعطَّل، ولا شيءٌ لا معنى له. وأمَّا الحِكَمُ والمنافعُ في خَلْق الخفَّاش، فقد ذكر منها الأطبَّاءُ في كتبهم ما انتهت إليه معرفتُهم (٣)، حتى إنَّ بوله (٤) يدخلُ في بعض الأكحال (٥)،
(١) «الأقوال» ليست في (ت). (٢) انظر: «روضة الطالبين» (١/ ٢٨٠)، و «المحلى» (١/ ١٩١)، و «المغني» (٢/ ٤٨٦)، و «البحر الرائق» (١/ ٣٩٨)، و «مجموع الفتاوى» (٢١/ ١٧). (٣) انظر: «التذكرة» لداود (١/ ١٤٢)، و «المفردات» لابن البيطار (٢/ ٦٥)، و «حياة الحيوان» (٢/ ٢٣٢). (٤) (ر، ض): «زبله». (٥) (ض): «الأعمال».

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