C’est là un mensonge, aussi bien à son sujet qu’à l’encontre de l’ordre de la création ; car la chauve-souris urine bel et bien. Les jurisconsultes se sont d’ailleurs penchés sur la question de son urine : est-elle impure parce qu’elle provient d’un animal dont la chair n’est pas licite ? Ou est-elle impure, mais la petite quantité en est excusée en raison de la difficulté de s’en préserver ? Deux avis existent, tous deux rapportés d’Ahmad ibn Hanbal. D’autres juristes, pour leur part, ne considèrent jamais son urine comme impure, et c’est là l’opinion la plus conforme à l’analogie (1), faute de texte explicite et parce qu’on ne peut valablement l’assimiler aux urines reconnues impures : la cause déterminante fait défaut et la différence est manifeste. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer exhaustivement les arguments des deux camps (2).
Il faut retenir que si la chauve-souris ne se nourrissait vraiment de rien, elle n’aurait pas de dents ; de fait, les dents n’ont aucun sens pour qui ne mange pas. C’est pour cette raison que le nourrisson, tant qu’il ne consomme pas d’aliments solides, n’a pas de dentition ; puis, lorsqu’il grandit et a besoin de nourriture, il reçoit des incisives qui la découpent et des molaires qui la broient.
Dans la création, rien n’est laissé sans fonction, rien n’est soustrait à la sagesse, rien n’est dépourvu de signification.
Quant aux sagesses et aux bienfaits inscrits dans la création de la chauve-souris, les médecins ont répertorié dans leurs ouvrages tout ce que leur science leur a permis d’atteindre (3), au point même que son urine (4) entre dans la composition de certains collyres (5)