Considère donc l’extraordinaire mesure et le parfait gouvernement du Très-Haut : Il a forcé les esprits à reconnaître Sa seigneurie, Sa puissance, Sa science et Sa sagesse, et ce que tu observes n’est ni le fait du hasard ni le fruit d’une quelconque négligence ; c’est, parmi de multiples formes de preuves, un ensemble de signes que la nature humaine ne saurait absolument pas récuser.
Or, puisque notre propos en est venu à la chauve-souris, signalons qu’elle compte parmi les créatures les plus singulières, intermédiaire entre les oiseaux et les quadrupèdes, mais plus proche de ces derniers. Elle possède en effet deux oreilles saillantes (1), des dents et un pelage (2) ; elle met bas, allaite (3) et marche sur quatre membres, autant de caractéristiques propres aux quadrupèdes, tout en étant pourvue de deux ailes grâce auxquelles elle vole avec les oiseaux.
Sa vue ne supportant pas la clarté du soleil, le jour pour elle équivaut à la nuit des autres : elle ne sort qu’au coucher de l’astre. C’est de là que provient l’expression akhfash, appliquée à celui qui voit mal, le mot khafash désignant précisément la faiblesse de la vue. Pour cette raison, sa subsistance (4) consiste en ces frêles créatures ailées qui ne volent que la nuit (5).
Certains auteurs (6) traitant du monde animal ont même prétendu qu’elle ne mangerait rien et qu’elle se nourrirait uniquement de la fraîcheur de l’air (7).