Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Considère donc l’extraordinaire mesure et le parfait gouvernement du Très-Haut : Il a forcé les esprits à reconnaître Sa seigneurie, Sa puissance, Sa science et Sa sagesse, et ce que tu observes n’est ni le fait du hasard ni le fruit d’une quelconque négligence ; c’est, parmi de multiples formes de preuves, un ensemble de signes que la nature humaine ne saurait absolument pas récuser.

Or, puisque notre propos en est venu à la chauve-souris, signalons qu’elle compte parmi les créatures les plus singulières, intermédiaire entre les oiseaux et les quadrupèdes, mais plus proche de ces derniers. Elle possède en effet deux oreilles saillantes (1), des dents et un pelage (2) ; elle met bas, allaite (3) et marche sur quatre membres, autant de caractéristiques propres aux quadrupèdes, tout en étant pourvue de deux ailes grâce auxquelles elle vole avec les oiseaux.

Sa vue ne supportant pas la clarté du soleil, le jour pour elle équivaut à la nuit des autres : elle ne sort qu’au coucher de l’astre. C’est de là que provient l’expression akhfash, appliquée à celui qui voit mal, le mot khafash désignant précisément la faiblesse de la vue. Pour cette raison, sa subsistance (4) consiste en ces frêles créatures ailées qui ne volent que la nuit (5).

Certains auteurs (6) traitant du monde animal ont même prétendu qu’elle ne mangerait rien et qu’elle se nourrirait uniquement de la fraîcheur de l’air (7).

(1) Les manuscrits de base, le témoin (r) et certains représentants du groupe (ḍ) portent la graphie avec la lettre râ (ر) non pointée ; la leçon adoptée ici paraît la plus exacte. (2) Les témoins (ḥ) et (n) donnent la leçon « wa-dabar ». Le propos signifie qu’il n’a pas de plumes comme les oiseaux ; voir Al-Hayawân, 3/527. (3) Les témoins (r) et (ḍ) lisent : « il tète et urine ». (4) Les manuscrits de base portent : « jaʿilat quwwatuhu » ; il s’agit vraisemblablement d’une inadvertance dans l’autographe. (5) Le témoin (ḥ) propose : « il ne vole que la nuit ». (6) Le terme « baʿḍ » (certains) manque dans le témoin (ḥ). (7) Dans la marge du manuscrit (d), un lecteur note : « Je l’ai observé de nuit : il mangeait des fruits de jujubier, recrachait le noyau, puis mangeait des mûres ».}
فانظُر إلى عجيب تقدير الله وتدبيره، كيف اضطرَّ العقولَ إلى أن شَهِدَت بربوبيَّته وقدرته وعلمه وحكمته، وأنَّ ذلك الذي تشاهدُه ليس باتِّفاقٍ ولا بإهمالٍ من سائر وجوه الأدلَّة التي لا تتمكَّنُ الفِطَر من جَحْدِها أصلًا. وإذ قد جرى الكلامُ إلى ذكر الخفَّاش؛ فهو من الحيوانات العجيبة الخِلقَة بين خِلقَة الطَّير وذوات الأربع، وهو إلى ذوات الأربع أقرب، فإنه ذو أذنين ناشزتَين (١) وأسنانٍ ووَبَر (٢)، وهو يلدُ وِلادًا، ويُرضِع (٣)، ويمشي على أربع، وكلُّ هذا صفةُ ذوات الأربع، وله جناحان يطيرُ بهما مع الطُّيور. ولما كان بصرُه يضعُف عن نور الشمس كان نهارُه كلَيْلِ غيره، فإذا غابت الشمسُ انتشر، ومِنْ ذلك سمِّي ضعيفُ البصر: أخفَش، والخَفَشُ ضعفُ البصر، ولما كان كذلك جُعِلَ قوتُه (٤) من هذه الطُّيور الضِّعاف التي تطيرُ بالليل (٥). وقد زعمَ بعض (٦) من تكلَّم في الحيوان أنه ليس يَطْعَمُ شيئًا، وإنما غذاؤه من النَّسيم البارد فقط (٧).
(١) في الأصول و (ر) وبعض نسخ (ض) بالراء المهملة. والمثبت أصوب. (٢) (ح، ن): «ودبر». والمراد أنه ليس بذي ريشٍ كالطيور. انظر: «الحيوان» (٣/ ٥٢٧). (٣) (ر، ض): «ويرضع ويبول». (٤) في الأصول: «جعلت قوته». لعله سبق قلم في أصل المصنف. (٥) (ح): «لا تطير إلا بالليل». (٦) «بعض» ليست في (ح). (٧) في طرة (د) علَّق أحد القراء بقوله: «قد شاهدته ليلًا وهو يأكل من ثمر النبق ويلقي النوى، ويأكل من ثمر التوت».

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies