Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Considère encore ces oiseaux qui ne sortent que la nuit – hiboux, chouettes et chauves-souris. Leur subsistance leur a été ménagée dans l’atmosphère ; ils ne se nourrissent ni de grains ni de chair, mais de moustiques, de papillons de nuit et d’espèces analogues qu’ils happent en plein vol ; ils n’en prennent que la quantité nécessaire, puis regagnent leurs abris et ne ressortent qu’à l’heure nocturne suivante.

En effet, ces variétés de moustiques, de papillons et assimilés sont disséminées dans l’air ; il est rare qu’un espace en soit dépourvu. Mets donc, la nuit, une lampe sur la terrasse ou dans la cour de la maison (1) : tu verras aussitôt s’y masser une foule de ces insectes.

Or cette famille de papillons et semblables manque d’instinct et de ressources ; parmi les oiseaux, nul n’est plus faible ni plus ignorant. Leur ruée (2) vers la flamme, malgré tes efforts pour les en détourner, jusqu’à ce qu’ils se brûlent eux-mêmes (3), en est la preuve.

Ainsi, le Très-Haut a fait de ces insectes la nourriture des oiseaux nocturnes ; ceux-ci s’en sustentent puis, dès l’aube, se retirent dans leurs nids. La nuit équivaut pour eux au jour des autres oiseaux, et leur jour au contraire tient lieu de nuit ; cependant, Celui qui a pris en charge la subsistance de toutes les créatures a conduit leur provision jusqu’à eux, l’a créée pour eux dans les airs, et ne les a pas laissés sans ressources malgré leur faiblesse et leur incapacité.

Telle est l’une des sagesses et des bienfaits que recèle la création de ces papillons, sauterelles et moustiques : que de nourriture ils fournissent à une communauté qui ne cesse de glorifier les louanges de son Seigneur ! Sans cette finalité, ils se seraient répandus et multipliés au point de nuire aux hommes et de leur rendre la vie impossible.

(1) Il s’agit de son centre ; selon une autre définition, toute aire libre, vaste et sans construction, située entre des maisons (Lisan). (2) Manuscrit T : « tasaqutahu » (sa chute). (3) Manuscrit N : « hatta yahtariqa wa yuhriqa nafsahu » (jusqu’à se consumer et se brûler lui-même).
وانظر في هذه الطير التي لا تخرجُ إلا بالليل، كالبُوم والهام والخفَّاش، فإنَّ أقواتها هيِّئت لها في الجوِّ، لا من الحَبِّ ولا من اللحم، بل من البعوض والفَراش وأشباههما مما تلتقطُه من الجوِّ، فتأخذُ منه بقَدْر حاجتها ثمَّ تأوي إلى بيوتها فلا تخرجُ إلى مثل ذلك الوقت من الليل. وذلك أنَّ هذه الضُّروبَ من البعوض والفَراش وأشباههما مبثوثةٌ في الجوِّ لا يكادُ يخلو منها موضعٌ منه. واعتبِرْ ذلك بأن تضعَ سراجًا بالليل في سطح أو عَرْصَة الدَّار (١)، فيجتمعُ عليه من هذا الضَّرب شيءٌ كثير. وهذا الضَّربُ من الفَراش ونحوها ناقصُ الفطنة، ضعيفُ الحيلة، ليس في الطَّير أضعفُ منه ولا أجهل، وفيما ترى مِنْ تهافُته (٢) في النَّار وأنت تطرده عنها حتى يحرق نفسَه (٣) دليلٌ على ذلك. فجعل معاشَ هذه الطُّيور التي تخرجُ بالليل من هذا الضَّرب، فتقتاتُ منه، فإذا أتى بالنهار انقطعَت إلى أوكارها؛ فالليلُ لها بمنزلة نهار غيرها من الطَّير، ونهارُها بمنزلة ليل غيرها، ومع ذلك فسَاق لها الذي تكفَّل بأرزاق الخلقِ رزقَها، وخلَقه لها في الجوِّ، ولم يَدَعها بلا رزقٍ مع ضعفها وعجزها. وهذه إحدى الحِكَم والفوائد في خَلْق هذه الفَراش والجنادِب والبعوض؛ فكم فيها من رزقٍ لأمَّةٍ تسبِّحُ بحمد ربها! ولولا ذلك لانتشرَت وكثُرت حتى أضرَّت بالنَّاس ومنعتهم القرار.
(١) وهي وسطُها. وقيل: كل بقعةٍ بين الدور واسعةٍ ليس فيها بناء. «اللسان». (٢) (ت): «تساقطه». (٣) (ن): «حتى يحترق ويحرق نفسه».

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