de la nourriture (1) vers le gésier (2) est si étroit que celle-ci n’y pénètre qu’au compte-gouttes ; si l’oiseau devait attendre qu’un premier grain eût atteint son estomac avant d’en saisir un second, l’opération serait interminable : quand donc aurait-il le loisir de se rassasier ? Or, il dérobe sa pitance à la hâte, par excès de vigilance ; aussi lui a-t-on accordé le jabot, semblable à une sacoche suspendue devant lui, pour qu’il y emmagasine promptement ce qu’il avale (3), puis que le tout s’écoule peu à peu vers le gésier.
Le jabot présente encore un autre avantage : certaines espèces doivent gaver leurs petits (4) ; pouvoir leur régurgiter la nourriture (5) depuis ce réservoir tout proche leur facilite grandement la tâche.
Section (6)
Considère ensuite ces couleurs, ces teintures et ces broderies qui parent nombre d’oiseaux, tels le paon, la perdrix et bien d’autres : même tracées par les plumes les plus fines ou brodées de main d’homme, elles n’atteindraient pas ce degré de perfection.
D’où vient, dans une nature livrée à elle-même, cette étonnante composition, ces motifs, ces coloris et ces teintes (7), tantôt simples, tantôt savamment combinés, que la création tout entière, fût-elle réunie pour les reproduire, serait incapable de