Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

, et il fut assisté par une chaleur interne logée dans ses entrailles, qui broie les grains et cuit la viande, si bien qu’il put se passer de la mastication.

La vigueur de cette chaleur se reconnaît à ce fait : les pépins du raisin sec et autres noyaux ressortent du ventre de l’être humain intacts, alors qu’ils sont entièrement broyés (1) dans l’estomac de l’oiseau au point de disparaître sans laisser de trace.

En outre, la Sagesse voulut qu’il ponde des œufs plutôt qu’il n’accouche, afin de ne pas être alourdi (2) pour le vol ; car si le petit devait rester porté en lui jusqu’à complète formation, ce poids l’alourdirait et l’empêcherait de s’élancer et de voler.

Considère encore la sagesse qui fait que l’oiseau libre, nageant (3) dans le ciel, reçoit l’inspiration de se contraindre volontairement, une semaine ou deux durant, à demeurer assis sur ses œufs, les couvant et supportant la gêne de l’immobilité ; puis, lorsque ses petits éclosent, il endure la peine de chercher sa nourriture, amasse les graines dans son jabot et les régurgite pour engorger ses oisillons (4), sans faire montre de réflexion ni de calcul (5) sur l’issue de ses actes, ni escompter de ses petits ce que l’homme espère de son enfant en termes de secours (6), de soutien et de perpétuation du nom.

(1) Les manuscrits H et N lisent « wayanṭabikh » (il se cuit). (2) Dans T : « fî ». (3) Dans Ḍ : « al-sâʾiḥ » (le voyageur). (4) Le verbe zaqqa l-ṭayru l-farkha signifie : « l’oiseau nourrit l’oisillon avec son bec ». L’édition R propose : « puis il en nourrit ses petits ». Le manuscrit Ḍ ajoute : « ensuite il se penche vers lui et lui insuffle de l’air pour dilater son jabot, puis il l’élève et le nourrit de ce qui lui assure la vie ». (5) Dans Q : « tafakkara » ; dans T : « yafakkaru ». (6) R et Ḍ lisent « al-ʿizz » (la puissance).
أُعِين بفضل حرارةٍ في الجوف تطحنُ الحَبَّ وتطبخُ اللَّحم، فاستغنى عن المضغ. والذي يدلُّك على قوَّة الحرارة التي أُعِين بها أنك ترى عَجَمَ الزَّبيب وأمثاله يخرجُ من بطن الإنسان صحيحًا، وينطحنُ (١) في جوف الطَّائر حتى لا يُرى له أثر. ثمَّ اقتضت الحكمةُ أن جُعِل يبيض بيضًا ولا يلدُ ولادةً؛ لئلَّا يثقُل عن (٢) الطَّيران؛ فإنه لو كان مما يحملُ ويمكثُ حملُه في جوفه حتى يَستحكِمَ ويكمُل لأثقَله وعاقَه عن النُّهوض والطَّيران. وتأمَّل الحكمةَ في كون الطَّائر المُرسَل السَّابح (٣) في الجوِّ يُلْهَمُ صبرَ نفسِه أسبوعًا أو أسبوعين باختياره، قاعدًا على بيضه، حاضنًا له، ويحتملُ مشقَّة الحبس، ثمَّ إذا خرجَ فِراخُه تحمَّل مشقَّة الكسب وجمع الحبِّ في حَوْصلته، ثمَّ يَزُقُّه فراخَه (٤)، وليس بذي رويَّةٍ ولا فكرةٍ (٥) في عاقبة أمره، ولا يؤمِّلُ في فِراخه ما يؤمِّلُ الإنسانُ في ولده من العون (٦) والرِّفد وبقاء الذِّكر.
(١) (ح، ن): «وينطبخ». (٢) (ت): «في». (٣) (ض): «السائح». (٤) زقَّ الطائرُ الفَرخَ: أطعمَه بفمه. (ر): «فيغذو به فراخه». وفي (ض): «ثم يقبل عليه فيزقه الريحَ؛ لتتسع حوصلته للغذاء، ثم يربيه ويغذيه بما يعيش به». (٥) (ق): «تفكر». (ت): «يفكر». (٦) (ر، ض): «العز».

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