Section (1)
Puis contemple l’anatomie de l’oiseau et sa constitution ; lorsqu’il fut destiné à voler dans l’air, son corps fut allégé, sa morphologie compactée : on le pourvut de deux membres porteurs au lieu de quatre, de quatre doigts au lieu de cinq, et l’orifice servant à évacuer urine et fientes fut réduit à une ouverture unique qui les réunit toutes deux.
En outre, il reçut un bréchet (2) étroit (3) afin de fendre l’air dans quelque direction qu’il se dirige, à l’instar de l’étrave d’un navire façonnée pour couper l’eau rapidement et la traverser. Des rémiges longues et robustes furent placées dans ses ailes et sa queue pour qu’il puisse prendre son essor, et l’ensemble de son corps fut revêtu de plumes afin que l’air s’y insinue et le soutienne.
Comme il était décrété que sa nourriture se composerait de viande et de grains qu’il avale tout rond, la création des dents fut diminuée ; on lui façonna un bec solide pour saisir sa pitance, qui ne s’use pas en glanant les graines (5) et ne se brise pas en déchirant la chair (6).
Privé de dents, il en vint à ingérer les grains entiers et la viande encore fraîche (7)