Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Section (1)

Parmi les manifestations étonnantes de sagacité chez les animaux, on cite le renard : lorsqu’il manque de nourriture et ne trouve aucune proie, il se fait passer pour mort, gonfle son ventre au point que l’oiseau le croit cadavre ; celui-ci se pose alors sur lui pour le picorer et, d’un bond, le renard l’attrape (2).

Autre exemple remarquable : cette grosse mouche qu’on appelle le « lion des mouches » (3). Sitôt qu’elle sent qu’une mouche vient de se poser près d’elle, elle demeure longtemps immobile, comme inanimée, sans le moindre mouvement (4). Quand la mouche, rassurée, se croit hors de danger et l’oublie, le « lion » s’avance en douceur, pas à pas (5), jusqu’à se trouver à portée de bond (6), puis se jette sur elle et la saisit.

Parmi les ruses admirables de l’araignée, il y a aussi qu’elle tisse sa toile pour en faire un piège, puis se dissimule en son centre ; si un moucheron (7) ou une mouche s’y empêtrent, elle bondit sur eux et en aspire les sucs.

(1) Dalâʾil wa-l-iʿtibâr, p. 35 ; Tawḥîd al-Mufaḍḍal, p. 64-67. (2) Voir : Shifâʾ al-ʿalîl, p. 254 ; al-Ḥayawân, t. 2, p. 289-290 et t. 6, p. 312 ; Ḥayât al-ḥayawân, t. 1, p. 572. (3) Ms. R : « On l’appelle en syriaque Asad al-dhubâb (le lion des mouches) ». On dit aussi « al-layth » ; c’est une espèce d’araignée. Cf. al-Ḥayawân, t. 3, p. 377, t. 5, p. 412, 414, ainsi que Lisân (art. layth). On le nomme encore « ṣâʾid al-dhubâb » (chasseur de mouches) et « khâṭif al-dhubâb » (ravisseur de mouches) ; cf. Dîwân al-maʿânî, p. 1065, et Muʿjam al-ḥayawân, p. 108. (4) Mss. H et N : « fîhi » ; omis dans T. (5) Ms. D : « daqîqan » (« minuscule »). (6) Ms. R : « wathba » (« bond »). Mss. D, Q, T : « yanâluhu wa yuthabbituhu » (« il l’atteint et le fixe »). Le second verbe manque dans H et N. La leçon adoptée est celle de D, jugée la plus plausible. (7) Il s’agit ici du moustique qui pique les gens ; cf. al-Tâj (art. barghash). Les mss. R et D lisent « al-dhubâb » (mouche).
فصل (١) ومِنْ عجيب الفطنة في الحيوان: أنَّ الثَّعلبَ إذا أعوَزه الطَّعامُ ولم يجد صيدًا تَماوَتَ ونفخَ بطنَه حتى يحسبه الطَّيرُ ميتًا، فيقعُ عليه ليأكل منه، فيثبُ عليه الثَّعلبُ فيأخذه (٢). ومِنْ عجيب الفطنة في هذه الذُّبابة الكبيرة التي تسمَّى: «أسد الذُّباب» (٣)؛ فإنك تراها حين تحسُّ بالذُّباب قد وقعَ قريبًا منه يسكنُ مليًّا حتى كأنه مَوَاتٌ لا حَراك به (٤)، فإذا رأى الذُّبابَ قد اطمأنَّ وغفلَ عنه دَبَّ دبيبًا رفيقًا (٥) حتى يكون منه بحيثُ تنالُه وثبتُه (٦)، ثمَّ يثبُ عليه فيأخذه. ومِنْ عجيب حِيَل العنكبوت أنه يَنْسِجُ تلك الشبكةَ شَرَكًا للصَّيد، ثمَّ يَكْمُنُ في جوفها، فإذا نَشِبَ فيها البَرْغَشُ (٧) والذُّبابُ وثبَ عليه وامتصَّ
(١) «الدلائل والاعتبار» (٣٥)، «توحيد المفضل» (٦٤ ــ ٦٧). (٢) انظر: «شفاء العليل» (٢٥٤)، و «الحيوان» (٢/ ٢٨٩، ٢٩٠، ٦/ ٣١٢)، و «حياة الحيوان» (١/ ٥٧٢). (٣) (ر): «يسمى بالسريانية: أسد الذباب». ويقال له: «الليث»، وهو ضربٌ من العناكب. انظر: «الحيوان» (٣/ ٣٧٧، ٥/ ٤١٢، ٤١٤)، و «اللسان» (ليث). ويسمى: «صائد الذباب»، و «خاطف الذباب». انظر: «ديوان المعاني» (١٠٦٥)، و «معجم الحيوان» (١٠٨). (٤) (ح، ن): «فيه». وسقطت من (ت). (٥) (ض): «دقيقا». (٦) (ر): «وثبة». (د، ق، ت): «يناله ويثبته». وسقطت الكلمة الثانية من (ح، ن). والمثبت من (ض)، وهو أشبه. (٧) وهو البعوضُ يَلْسَعُ الناس. «التاج» (برغش). وفي (ر، ض): «الذباب».

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